Au campus de Saint‑Louis, une note sur la « neutralité » du CROUS enflamme les esprits
La rentrée universitaire à l’université Gaston‑Berger de Saint‑Louis est marquée par une polémique après une note datée du 2 octobre signée par le nouveau directeur du CROUS. Le texte rappelle que toute « démonstration ostentatoire » d’appartenance politique ou religieuse n’a pas sa place dans les services en charge de la vie étudiante.
Un rappel de neutralité contesté
Le directeur, Thierno Mbaye, nommé la semaine précédente, justifie la note par le besoin de cohésion et de confiance au sein de l’équipe : « Dès l’instant que vous me montrez de façon ostentatoire que vous n’êtes pas avec moi, pour des questions de bon sens, naturellement, il y aura peut‑être un problème de loyauté ou de confiance mutuelle. » Il affirme avoir été accueilli dans un climat parfois hostile, avec des agents affichant leur soutien au Pastef.
Le Pastef et des syndicats dénoncent un prétexte
Le Pastef reproche à Mbaye d’invoquer la neutralité alors que, selon le parti, sa nomination repose sur son appartenance politique. Un cadre du parti estime qu’on ne peut « pas invoquer la neutralité quand votre nomination repose uniquement sur votre appartenance politique ». Amath Diallo, secrétaire général de l’intersyndicale du CROUS et du rectorat, critique la forme de la note et appelle à davantage de concertation, tout en dénonçant la politisation croissante de l’administration universitaire.
Un contexte politique tendu
Le remplacement de Babacar Diop, figure pro‑Pastef, par Thierno Mbaye s’inscrit dans une recomposition de l’appareil d’État après la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et l’ancien allié Ousmane Sonko. La polémique illustre les tensions entre exigences de neutralité administrative et recomposition politique locale.
Source initiale : RFI


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