Inondations à Dakar : l’urbanisation et la nappe phréatique pointées du doigt
Chapô : Pour la géographe-urbaniste Anta Gueye Sarr, les inondations récurrentes qui affectent Dakar ne résultent pas uniquement de l’intensité des pluies. Elles sont surtout liées à des choix d’aménagement et à des contraintes naturelles aggravées par des pratiques humaines.
Des causes essentiellement anthropiques, avec une contrainte naturelle
Selon Anta Gueye Sarr, présidente de la cellule des femmes du Club de réflexion sur l’urbain (CRU), l’enjeu principal est une « urbanisation non maîtrisée » et une « occupation des zones à risque ». Elle incrimine aussi l’« imperméabilisation des sols » et « l’insuffisance des ouvrages de drainage ». Ces facteurs réduisent la capacité du territoire à absorber et évacuer les eaux de pluie.
La nappe phréatique joue un rôle important : à Dakar elle est « peu profonde voire affleurante ». Quand le sous-sol est saturé, les précipitations ne peuvent plus s’y infiltrer et certaines zones demeurent inondées « plusieurs semaines voire mois après la fin de l’hivernage ».
Un diagnostic précis et des priorités claires
Dans sa hiérarchisation des causes, Anta Gueye Sarr place en tête l’urbanisation non maîtrisée et l’occupation des zones à risque, suivies par l’imperméabilisation et le déficit d’ouvrages de drainage. Elle mentionne aussi la topographie plane, la nappe affleurante, l’intensité des pluies et la variabilité climatique, mais juge que « les facteurs anthropiques expliquent la gravité des inondations ».
Des solutions axées sur la planification
Pour réduire durablement le phénomène, elle préconise de « donner une place importante à la planification urbaine » : interdire les constructions dans les zones à risque, faire respecter les plans d’occupation des sols, préserver et restaurer les espaces de rétention naturelle, renforcer les systèmes de drainage et limiter l’imperméabilisation.
Elle propose aussi de « repenser l’aménagement de la région en développant des pôles urbains extra-muros pour réduire la pression foncière sur les zones vulnérables ». Elle rappelle toutefois que « le risque zéro n’existe pas en gestion des inondations » mais qu’« grâce à une politique intégrée, le risque peut être réduit de manière considérable ».
Source initiale : seneweb.com


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