Un écrivain zimbabwéen dément avoir utilisé l’IA après des accusations liées au prix Caine
Le lauréat du prix Caine 2026, l’écrivain zimbabwéen Simbarashe Kundizeza, a fermement nié avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour rédiger sa nouvelle primée, après un article affirmant le contraire sur la base d’un outil de détection.
Accusation et réponse
Le magazine américain The Atlantic a publié un article indiquant que le logiciel Pangram avait estimé que la nouvelle de Kundizeza, The Blue Fighter, avait été entièrement générée par une IA. Une semaine après l’attribution du prix Caine (10 000 livres sterling), Kundizeza a répondu sur X en affirmant : « Pour lever toute ambiguïté, c’est bien moi qui ai écrit The Blue Fighter ». Il a par ailleurs fourni une chronologie et des documents sur le développement de l’œuvre, et rappelé l’inspiration réelle derrière l’histoire.
Réactions et enquête
La présidente du prix Caine, Ellah Wakatama, a dit être « choquée » que The Atlantic n’ait pas attendu la conclusion d’une enquête et a précisé qu’une enquête interne était en cours. Kundizeza doit transmettre des versions et pièces justificatives ; les juges et la revue Shallow Tales Review, qui a publié la nouvelle en 2025, sont contactés dans le cadre de l’examen.
Sur les réseaux sociaux, la publication a déclenché une forte mobilisation : des écrivains et éditeurs africains estiment que ces accusations ciblent de façon disproportionnée des auteurs non blancs et appellent à davantage de prudence avant d’utiliser des outils automatisés comme base d’accusation.
Limites des outils de détection
L’article de The Atlantic s’appuyait sur Pangram, présenté comme performant, mais des experts et recherches citées reconnaissent que ces détecteurs ne sont pas infaillibles. Wakatama a souligné qu’elle n’était « pas contre » l’usage de l’IA pour aider les vérifications, mais qu’elle s’oppose à son rôle d’arbitre final. L’affaire relance le débat sur la fiabilité des outils de détection et sur les méthodes d’enquête quand un prix littéraire est mis en cause.
Kundizeza a déclaré qu’il avait reçu de nombreux messages de soutien et conclu : « Plus important encore, je continuerai à écrire. »
Source initiale : BBC
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