L’Agence africaine du médicament inaugure ses comités techniques pour renforcer la régulation sur le continent
L’Agence africaine du médicament (AMA), créée par un traité de l’Union africaine en 2019 et effective depuis octobre 2025, a inauguré le 26 octobre ses comités techniques. Ce lancement, au siège de l’agence au Rwanda, marque la mise en place de l’expertise scientifique destinée à soutenir les décisions réglementaires au niveau continental.
Des comités pour appuyer les autorités nationales
Selon la directrice générale de l’AMA, la docteure Delese Mimi Darko, il ne s’agit pas seulement d’une cérémonie : « Nous mettons en place les structures scientifiques qui permettront à l’AMA de remplir son mandat et d’appuyer les décisions réglementaires à l’échelle du continent. Ce sont les experts, par leurs connaissances, leur jugement et leur intégrité, qui détermineront la crédibilité de nos travaux. »
Les comités auront pour missions d’évaluer des données médicales, d’inspecter des sites de fabrication et de produire des rapports et recommandations scientifiques destinés aux autorités de régulation des États membres. L’AMA insiste sur le fait qu’elle ne remplace pas les autorités nationales mais vise à coordonner un travail scientifique rigoureux pour renforcer la confiance dans des processus réglementaires communs.
Objectifs : lutter contre la contrefaçon et harmoniser les normes
Parmi les priorités annoncées figurent la lutte contre les médicaments falsifiés et l’harmonisation des réglementations afin de favoriser le développement d’une production pharmaceutique locale. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que le continent importe aujourd’hui près de 99 % de ses vaccins et plus de 70 % de ses médicaments, un constat que l’AMA entend aider à changer.
Michel Sidibé, envoyé spécial de l’Union africaine pour l’AMA, souligne que l’harmonisation des normes peut permettre de consolider des marchés fragmentés : « Quand vous avez 55 marchés, vous n’avez plus un marché suffisamment fort pour vous permettre d’aller à l’échelle. » Selon lui, des réglementations communes permettraient la création de pôles d’excellence régionaux et faciliteraient l’investissement et la production à plus grande échelle.
Une étape importante mais encore de longs chantiers
La mise en place des comités techniques constitue une étape clé pour doter l’AMA d’une capacité d’expertise scientifique. Reste désormais à traduire cette architecture en actions concrètes : inspections efficaces, recommandations suivies par les États membres et coopération régionale renforcée pour améliorer l’accès à des produits de santé sûrs et locaux.
Source initiale : RFI




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