PLFR 2026 : le Sénégal face à un déficit historique et à l’explosion de la facture énergétique
Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 expose une détérioration nette des comptes publics : le déficit atteint 1 735,2 milliards de francs CFA, soit 7,6 % du PIB, tandis que les ressources totales sont revues à la baisse à 5 848,7 milliards. L’augmentation massive des subventions énergétiques et la moindre disponibilité des financements extérieurs pèsent sur la trajectoire budgétaire.
Une facture énergétique plombe le budget
La facture des subventions à l’énergie passe de 250 milliards programmés à 790,3 milliards de francs CFA, un surcoût de 540,3 milliards (+216 %). Le gouvernement justifie cet effort pour amortir l’impact de la hausse des prix du pétrole sur les ménages et les entreprises. Selon le PLFR, sans l’ajustement des prix opéré en août, la facture aurait dépassé 1 000 milliards.
Pour rendre le dispositif soutenable, l’exécutif engage une réforme structurelle : 70 milliards sont réservés en 2026 aux transferts sociaux ciblés, montant qui devrait passer à 140 milliards à partir de 2027. Le plan comporte l’instauration progressive d’un tarif social de l’électricité, la sanctuarisation de l’aide au gaz butane pour certains conditionnements et des mécanismes ciblés pour protéger les usages essentiels.
Investissements maintenus malgré la contraction des ressources
Malgré la réduction des recettes, le PLFR protège 1 590,2 milliards de crédits de paiement pour des investissements structurants (transports, santé, éducation, hydraulique, assainissement). Sont notamment cités l’autoroute Dakar–Tivaouane–Saint-Louis et la reconstruction de plateaux sanitaires dont Aristide-Le Dantec.
Le budget prévoit aussi 202,6 milliards pour l’éducation et la santé, 212,4 milliards pour le secteur primaire, et 83,4 milliards pour les infrastructures liées aux Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, la défense et la sécurité. La réalisation effective dépendra toutefois de la disponibilité des financements extérieurs et de l’état d’avancement des dossiers.
Rationalisation des agences et apurement des arriérés
Sur l’apurement des arriérés, 488,3 milliards ont été payés sur les 500 milliards inscrits en 2025 (taux d’exécution de 97,5 %). Un nouveau fonds de 300 milliards est prévu pour 2026.
Le PLFR lance également une vaste réforme de la parapublique : 19 agences seront supprimées, 7 entités fusionnées en 3, et 10 structures redéfinies. L’objectif affiché est de réduire les dépenses publiques et d’améliorer l’efficacité administrative, mais les économies réelles dépendront des textes d’application et du respect des calendriers d’exécution.
Le PLFR 2026 place le Sénégal face à un arbitrage délicat : concilier protection sociale et maintien des investissements tout en rétablissant la soutenabilité des finances publiques. La transparence sur l’exécution budgétaire et le renforcement du contrôle sont présentés comme indispensables pour restaurer la crédibilité financière de l’État.
Source initiale : seneweb.com




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