Changer souvent d’emploi pour progresser : le « lily padding » expliqué par ceux qui l’ont vécu
De plus en plus de jeunes choisissent la mobilité plutôt que la stabilité. En enchaînant plusieurs postes, souvent au sein d’institutions différentes, ils visent à acquérir des compétences ciblées qui faciliteront leur accès à des postes supérieurs.
Un parcours « en nénuphars »
Brittany Harris-Nelson, 32 ans, décrit sa trajectoire professionnelle comme celle d’une « grenouille se déplaçant sur des nénuphars ». Après près de dix ans à cumuler postes étudiants et emplois à temps plein dans six universités, elle occupe aujourd’hui un poste de direction adjointe de l’engagement étudiant à l’université Wake Forest (Caroline du Nord). Elle dit avoir occupé dix emplois au total, chaque rôle lui ayant apporté des compétences et des perspectives nouvelles. Son changement d’employeur n’a pas forcément entraîné une forte hausse de salaire, mais lui a permis d’obtenir de meilleurs avantages, notamment davantage de congés payés et une contribution retraite employeur plus importante.
Une stratégie partagée par la génération Z
Ce comportement a un nom : « lily padding ». Il consiste à changer fréquemment d’emploi pour améliorer son employabilité plutôt que de rester dans une même entreprise. Selon une enquête mondiale de 2024 menée par le cabinet Randstad auprès de 11 250 travailleurs, la durée moyenne d’emploi pour un membre de la génération Z au cours de ses cinq premières années de carrière est de 1,1 an, contre 1,8 an pour les milléniaux et près de trois ans pour les générations précédentes.
Compétences, progression et gains
Des recruteurs et spécialistes observent que les jeunes cherchent rapidité, variété et acquisition de compétences transférables. Nicola Grant (Hiscox) et Lucy Kemp (La Fosse) estiment que cette mobilité répond au désir d’apprendre et de progresser lorsque l’évolution au sein d’une même structure paraît lente. Une étude de 2025 citée dans la source, réalisée par la société Wealthify au Royaume-Uni, indique que les personnes ayant changé d’emploi quatre fois ou plus au cours des dix dernières années ont perçu en moyenne un salaire supérieur (39 276 £ contre 30 088 £), soit une prime d’environ 31 %.
Pour certains professionnels comme Adam Smiley Poswolsky, multiplier les expériences — secteur public, organisations à but non lucratif, entreprises créatives — a permis de constituer un « portefeuille de compétences » menant à des carrières différentes, plus alignées sur le sens et la flexibilité recherchés. Harris-Nelson conclut pour sa part qu’elle voit sa carrière comme « un voyage continu » : chaque étape la rapproche de son objectif.
Source initiale : BBC


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