La Centrafrique réforme le secteur des hydrocarbures et met fin au monopole d’importation
Adoptée le 13 juillet 2026, la nouvelle loi sur les hydrocarbures en Centrafrique libéralise l’importation des produits pétroliers et rétablit la possibilité pour plusieurs acteurs de demander un agrément d’importateur. Le texte vise notamment à améliorer les recettes fiscales et à encadrer les pratiques du secteur, fortement critiquées ces dernières années.
Fin du monopole et retour de la concurrence
Depuis 2023, l’entreprise camerounaise Neptune Oil était l’importateur exclusif de carburant en Centrafrique. La loi votée par l’Assemblée nationale remet en cause cette configuration en autorisant d’autres opérateurs à solliciter l’agrément d’importateur. Avant 2023, plusieurs groupes, comme Tamoil (ex-Total), Tradex ou Tristar, figuraient parmi les fournisseurs.
Encadrement des importations et objectif fiscal
Le texte impose que les importations transitent par un dépôt sous douane, mesure destinée à mieux sécuriser les recettes de l’État : au moins un quart des revenus publics dépend des taxes sur les produits pétroliers. Un audit récent relevait une « érosion fiscale » liée à la contrebande et à l’opacité des mécanismes, ainsi que des marges élevées entraînant des prix à la pompe parmi les plus élevés de la sous-région.
Des absences notables dans la loi
La loi ne traite pas de la structure des prix, pointée par l’audit, ni d’un objectif explicite d’importation par voie fluviale — une modalité plus fiable et moins coûteuse que la route. Actuellement, plus de 60 % des carburants entrent par voie routière. Des acteurs du secteur et des observateurs s’interrogent sur la capacité des autorités à appliquer pleinement les nouvelles dispositions.
Source initiale : RFI




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