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Détroit d’Ormuz : des itinéraires alternatifs peuvent-ils compenser une fermeture ?

07/21/2026 Par 0 commentaire
Détroit d’Ormuz : des itinéraires alternatifs peuvent-ils compenser une fermeture ?

Le détroit d’Ormuz, passage clé entre le Golfe et l’océan Indien, assure chaque jour le transit d’environ 20 millions de barils de pétrole et d’une part importante des exportations mondiales de GNL. Face à de nouvelles tensions régionales, producteurs et analystes examinent les solutions pour réduire la dépendance à ce corridor maritime stratégique — sans pour autant en proposer un remplaçant complet.

Pourquoi le détroit est difficile à remplacer

Le détroit est privilégié pour sa capacité et son coût : les pétroliers permettent de transporter de très grands volumes à moindre coût par rapport aux pipelines, et près de 80 % des cargaisons qui y transitent sont destinées à l’Asie. Le GNL, notamment celui du Qatar, dépend fortement de cette route faute d’alternative maritime d’envergure.

Les alternatives existantes

  • Petroline (Arabie saoudite) : oléoduc Est-Ouest reliant les champs orientaux au port de Yanbu (mer Rouge), porté en capacité d’urgence à 7 millions de barils par jour en 2019.
  • ADCOP (Émirats arabes unis) : oléoduc d’Abu Dhabi vers Fujairah, sur le golfe d’Oman, permettant d’éviter le détroit. Des projets portuaires à Fujairah sont à l’étude pour renforcer cette route.
  • Oleoducs régionaux : le réseau SUMED (Égypte) relie la mer Rouge à la Méditerranée et peut transporter 2,5–2,8 millions de barils par jour ; Kirkouk–Ceyhan (Turquie) a repris partiellement son débit (environ 250 000 b/j en mars 2026) ; des projets comme Kirkouk–Baniyas ou Bassora–Aqaba sont évoqués depuis des décennies.
  • Initiatives ambitieuses : propositions de corridors plus vastes (projet dit des « Quatre Mers », gazoduc Qatar–Turquie évoqué) visant à diversifier les liaisons entre Méditerranée, Caspienne et golfe Persique.
  • Iran : oléoduc Goreh–Jask (1 000 km) conçu pour contourner le détroit et transporter jusqu’à 1 million de b/j, mais son usage est limité par les sanctions et l’infrastructure portuaire.

Capacités et limites pratiques

Selon l’Agence internationale de l’énergie, les alternatives identifiées pourraient détourner entre 3,5 et 5,5 millions de barils par jour — bien en deçà des ~20 millions qui transitent habituellement par Ormuz. Outre la capacité insuffisante, ces itinéraires présentent des vulnérabilités : terminaux non conçus pour des montées rapides de débit, risques d’attaques (incidents signalés à Fujairah et sur des stations de pompage), et dépendance à des États de transit.

Les projets nouveaux ou relancés sont souvent entravés par des contraintes politiques, de financement et par l’instabilité régionale. Des experts mettent en garde : remplacer Ormuz complètement est aujourd’hui irréaliste ; en revanche, développer des routes alternatives réduira progressivement la valeur stratégique exclusive du détroit et redistribuera le poids géopolitique autour des nouvelles voies de transit.

Au final, les États du Golfe cherchent à diminuer leur exposition au détroit d’Ormuz, mais aucune solution existante ou annoncée ne garantit pour l’instant une continuité totale et sûre des exportations pétrolières et gazières en cas de fermeture prolongée.

Source initiale : BBC

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