Crise pétrolière au Moyen-Orient : pourquoi les prix flambent et quelles conséquences pour le monde
Les tensions entre l’Iran, ses alliés régionaux et l’Arabie saoudite perturbent les principaux corridors d’exportation d’hydrocarbures, faisant grimper le prix du pétrole et entraînant une hausse rapide des prix à la pompe et du gaz pour les ménages.
Quelles perturbations et pourquoi les prix montent
Le prix mondial du pétrole dépasse actuellement 108 dollars le baril, contre environ 70 dollars en juin 2026 — une hausse d’environ 50 %. Cette flambée s’explique principalement par la réduction des approvisionnements due à des attaques et blocus affectant le détroit d’Ormuz et la mer Rouge.
Avant la guerre, près de 21 millions de barils par jour transitaient par l’Ormuz ; fin août, Kpler estimait ce flux à environ 8,6 millions de barils. L’Arabie saoudite a augmenté l’utilisation de son oléoduc Est-Ouest (capacité estimée à 3,6 millions de b/j) pour contourner l’Ormuz, mais celui-ci a été fermé après une attaque par drones et pourrait rester hors service plusieurs semaines pour réparation.
Effets concrets sur les prix et les ménages
La hausse des cours se traduit déjà par des prix plus élevés à la pompe et pour le gaz domestique : au Royaume-Uni, le litre d’essence moyen dépasse 170 pence (contre 150 pence en juillet) et le prix de gros du gaz naturel a presque doublé depuis juillet. Ofgem prévoit une augmentation d’environ 25 % du plafond tarifaire domestique en janvier, soit près de 440 £ par an pour un ménage type.
Aux États-Unis, le prix moyen de l’essence est passé de 3,80 $ à 4,32 $ le gallon entre juillet et le relevé cité. Le diesel y atteint des niveaux records supérieurs à 6 $ le gallon. Au Sénégal, le gouvernement a annoncé un « réajustement » : le supercarburant monte de 920 à 990 FCFA le litre et le gasoil de 680 à 755 FCFA.
Impacts macroéconomiques et perspectives
Les économistes mettent en garde : une hausse prolongée des prix de l’énergie alimente l’inflation et freine la croissance. Le FMI estime qu’une hausse soutenue de 10 % du pétrole augmente l’inflation mondiale de 0,4 % et peut réduire la croissance du PIB mondial jusqu’à 0,2 %. La Banque d’Angleterre évalue qu’une hausse de 10 % du pétrole augmente l’inflation britannique de 0,5 % à court terme et réduit la croissance d’environ 0,4 %.
La progression observée depuis juin est nettement supérieure aux scénarios utilisés par ces institutions. Un retour à la baisse des prix resterait possible en cas d’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, comme cela a déjà provoqué une chute temporaire des cours en juin.
En synthèse : la combinaison d’attaques en mer Rouge, de perturbations autour de l’Ormuz et de fermetures d’infrastructures saoudiennes réduit l’offre mondiale, pousse les prix à la hausse et expose les ménages et les économies nationales à un risque accru d’inflation et de ralentissement économique.
Source initiale : BBC


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