Au Cameroun, partis en ordre de bataille malgré l’incertitude sur les élections de début 2027
Malgré une incertitude persistante sur la tenue effective des élections législatives et municipales annoncées pour début 2027, les principaux partis politiques camerounais accélèrent leurs préparatifs : commissions de préinvestiture, vérification des listes électorales, formation des cadres et mobilisation locale.
Des formations en ordre de bataille
À l’UNDP, seconde force du pays après les scrutins de 2020, la direction a lancé des « commissions de préinvestiture » chargées de sélectionner les circonscriptions et retenir les candidatures, selon une circulaire signée du président du parti. Le SDF concentre ses efforts sur la vérification des inscriptions sur les listes électorales, la formation des représentants dans les bureaux de vote et la mise en place d’une cellule de veille contre les irrégularités, tout en menant des campagnes de proximité pour lutter contre l’abstention.
D’autres partis, comme le jeune Front des démocrates camerounais (FDC) et l’Union démocratique du Cameroun (UDC), remobilisent leurs bases, mettent à jour les fichiers militants et forment leurs encadreurs électoraux. Le MRC, qui avait boycotté les municipales et législatives de 2020, a annoncé qu’il présentera « le maximum de listes et de candidats » aux prochaines échéances. Le RDPC, parti au pouvoir, organise pour sa part des séminaires stratégiques pour assurer « une large victoire ».
Un calendrier menacé par la possibilité d’une nouvelle prorogation
La tenue des scrutins programmés entre fin janvier et début février 2027 n’est pas assurée : les mandats des élus locaux, déjà prorogés deux fois, pourraient l’être une troisième fois en vertu d’une disposition légale permettant au président de la République de prolonger les mandats « en cas de crise grave ou lorsque les circonstances l’exigent ». Cette décision demeure à la discrétion du chef de l’État.
Les partis réagissent différemment à cette perspective : certains dénoncent des obstacles juridiques et logistiques (découpage électoral obsolète, exigence d’attestation fiscale pour les candidatures), d’autres réclament le respect strict du calendrier pour éviter une instabilité accrue. Plusieurs formations se déclarent toutefois en « vigilance opérationnelle » et affirment préparer une participation active, quel que soit le calendrier.
Enjeux locaux et stratégies
Les partis expliquent leur mobilisation par le caractère fondamentalement territorial des élections municipales et législatives : ces scrutins se jouent au niveau local et nécessitent des préparatifs sur le terrain (présélections, constitution de listes inclusives, montage des dossiers de candidature). Le contexte post-présidentielle 2025, jugée « palpitante » par certains analystes, incite également les formations à tenter de capitaliser des gains au niveau local.
En dépit des interrogations sur la convocation du corps électoral — qui devrait intervenir dans les dix derniers jours d’octobre 2026 si le calendrier est respecté — les partis multiplient les actes concrets pour être prêts en cas d’organisation effective des scrutins.
Source initiale : RFI


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