L’AfCRA : la nouvelle agence africaine de notation pour corriger les biais des géants mondiaux
L’Agence africaine de notation de crédit (AfCRA), conçue en collaboration avec l’Union africaine mais présentée comme indépendante, sera inaugurée le 7 octobre à Port‑Louis, à l’Île Maurice. Sa mission : proposer une évaluation du risque de crédit mieux adaptée aux réalités africaines pour faciliter l’accès aux marchés financiers internationaux.
Pourquoi une agence africaine ?
Les grandes agences internationales (Moody’s, Fitch, S&P) sont régulièrement critiquées pour une sévérité jugée excessive à l’égard des pays africains. Sur les 54 pays du continent, 22 n’ont pas de note souveraine émise par ces agences. La majorité des notations existantes se situent entre B et C — catégories associées à un risque élevé — alors que l’Union européenne affiche en moyenne des notes A/A+.
Un impact direct sur le coût du crédit
Les conséquences sont tangibles : les taux d’emprunt moyens sont bien plus élevés en Afrique que dans l’UE — autour de 4 % en Europe contre près de 7 % en Afrique de l’Ouest, 12 % en Afrique centrale et 14 % en Afrique de l’Est selon les constats cités. Le PNUD estimait en 2023 que les évaluations défavorables coûtaient au continent 74,5 milliards de dollars, soit l’équivalent d’environ 80 % des besoins annuels d’investissement en infrastructures.
Objectifs et méthode de l’AfCRA
Lancé comme projet en 2017, l’AfCRA veut évaluer à la fois la solvabilité des États, des collectivités et des entreprises africaines. Selon l’économiste Ejigayhu Tefera, impliquée dans le projet, l’objectif n’est pas de remplacer les agences existantes mais d’offrir une méthodologie « légèrement différente » et une connaissance fine des contextes locaux, afin de réduire l’élément subjectif dans l’appréciation de la « volonté » des États à rembourser.
Les promoteurs espèrent qu’une notation alternative et locale contribuera à diminuer le surcoût du crédit pour le continent, à un moment où l’Afrique fait face à une baisse de l’aide internationale et à des besoins massifs de capitaux pour son développement et les enjeux climatiques.
Source initiale : France 24


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