PI‑SPI : la BCEAO impose l’interopérabilité et la gratuité partielle des transferts
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) fixe de nouvelles règles pour les paiements instantanés dans l’UEMOA : à partir du 2 novembre, les transactions interopérables de monnaie électronique devront obligatoirement transiter par la plateforme PI‑SPI. La mesure accompagne une politique visant à favoriser l’inclusion financière et à réduire les coûts des transferts.
Gratuité partielle et plafonds
La BCEAO précise que les envois nationaux effectués via PI‑SPI seront gratuits à l’envoi tant que le cumul quotidien par utilisateur et par participant ne dépasse pas 8 000 FCFA. Ce seuil, qui ne limite pas le nombre d’opérations, concerne selon l’institution environ 75 % des transactions de monnaie électronique dans l’Union.
Les transferts nationaux excédant 8 000 FCFA cumulés peuvent être soumis à des frais allant de 0 % à 0,8 % calculés sur le montant hors taxes. À la réception, tous les transferts restent gratuits, quel que soit le montant ou la fréquence. Les mêmes règles s’appliquent aux transferts entre pays de l’UEMOA.
Extension rapide de PI‑SPI et impacts pour les acteurs
Lancée le 30 septembre 2025, la plateforme PI‑SPI connecte 175 structures et donne accès à plus de 38 millions de personnes. Le réseau est passé à 74 institutions fin 2025, puis à 80 établissements au 24 juin 2026 ; 43 structures participent au Sénégal, le taux le plus élevé par pays.
L’interopérabilité permet désormais des transferts instantanés entre banques, établissements de monnaie électronique et institutions de paiement. L’arrivée d’acteurs comme Wave sur PI‑SPI autorise les transferts entre portefeuilles mobiles et comptes d’autres établissements, ce qui pourrait redistribuer les positions sur le marché et peser sur les revenus des opérateurs.
Enjeux opérationnels et sécurité
Des spécialistes du secteur soulignent que l’obligation d’utiliser PI‑SPI ne se réduit pas à une question de prix : les acteurs devront adapter leurs parcours clients, intégrer leurs systèmes, garantir la disponibilité des plateformes et renforcer la gestion des risques et de la fraude.
Source initiale : senego.com


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