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Un an après la chute d’El‑Fasher, une « ville fantôme » et des populations brisées

10/26/2026 Par 0 commentaire
Soudan: un an après la chute d’El-Fasher, une «ville fantôme» à la population brisée

Il y a un an, le 26 octobre 2025, après un siège de plus de 500 jours, les Forces de soutien rapide (FSR) s’emparaient d’El‑Fasher, capitale du Darfour‑Nord. Le regain de violence et le verrouillage de la ville ont laissé une cité en ruines, une population largement déplacée et des témoignages d’exactions : une mission de l’ONU a relevé des « signes distinctifs d’un génocide ». La situation sur place reste extrêmement préoccupante.

Une ville en ruines et presque dépeuplée

Avant l’offensive, El‑Fasher comptait environ 300 000 habitants. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, près de 100 000 personnes ont fui durant l’attaque. Des enquêtes et analyses d’images satellites citées par des chercheurs évoquent un bilan bien plus lourd que les estimations officielles : le bureau des droits de l’homme de l’ONU parle d’environ 6 000 morts, tandis que des spécialistes de l’université de Yale avancent « plusieurs dizaines de milliers ».

Les premières équipes humanitaires autorisées à entrer — sous contrôle des nouvelles autorités liées aux FSR — décrivent une « ville fantôme ». Des ONG estiment aujourd’hui la population résidente entre 40 000 et 60 000 personnes, souvent revenus de façon pendulaire pour chercher de l’aide ou vérifier leurs habitations. Mais la destruction des quartiers, le pillage des maisons, l’insécurité et la présence importante de militaires rendent un retour durable impossible pour beaucoup.

Détentions massives, conditions inhumaines et tentatives de réinstallation

Durant la prise de la ville, des centaines de milliers de personnes — civils, personnels militaires, professionnels — ont été détenues par les paramilitaires. Un grand centre de détention à Nyala, appelé Dagris, est décrit par d’anciens détenus et organisations comme la « cité de l’horreur » : surpopulation, absence de soins, maladies (choléra, dengue), morts régulières et demandes de rançon. Des ONG estiment que près de 18 000 personnes y ont été emprisonnées. Plusieurs professionnels, dont médecins et journalistes, figurent parmi les détenus.

Des habitants restés ou revenus dénoncent aussi des pratiques de réinstallation : attribution de maisons aux personnes amenées de l’extérieur, documents de propriété fournis aux nouveaux occupants et campagnes de communication affirmant un retour massif des familles originaires. Le gouvernement établi par les FSR a lancé des appels au rapatriement et un programme de « repeuplement », accusé par des résidents exilés d’avoir pour but le remplacement des communautés d’origine.

La région du Darfour est aujourd’hui majoritairement contrôlée par les paramilitaires, tandis que les combats se déplacent ailleurs au Soudan. Les ONG et observateurs alertent sur la nécessité d’un accès humanitaire étendu et d’investigations indépendantes pour établir des responsabilités et répondre aux besoins des victimes.

Source initiale : RFI

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