Au procès Martinez Zogo, le lieutenant‑colonel Ayissi Nanga accuse et suscite des doutes
À la barre depuis lundi, le lieutenant‑colonel Parfait Ayissi Nanga a maintenu, mercredi 28 octobre, ses accusations dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, tout en se heurtant aux questions des avocats et aux contradictions relevées par la partie civile.
Accusations directes et mise en cause des enquêteurs
Ayissi Nanga a désigné nommément Martin Savom — ancien maire de la commune de Bibey et l’un des derniers interlocuteurs téléphoniques connus de Zogo avant sa disparition — comme celui qui aurait « tué de ses propres mains » le journaliste, par strangulation. Il a aussi accusé deux officiers chargés des investigations d’avoir, selon lui, fabriqué des « assassins et des commanditaires » et d’avoir orienté l’enquête sous des pressions politiques.
Contre‑interrogatoire et doutes soulevés
Les avocats de la partie civile ont cherché à mettre en évidence des incohérences dans le témoignage du lieutenant‑colonel : changements d’affirmations entre les jours d’audience, difficultés à justifier la thèse de la strangulation après la lecture du rapport des médecins légistes, et interrogations sur la chronologie des dénonciations formulées — notamment pourquoi Ayissi Nanga n’a pas évoqué plus tôt un prétendu acharnement contre le puissant homme d’affaires Jean‑Pierre Amougou Belinga.
Défense et enjeux procéduraux
La défense de Martin Savom a rejeté énergiquement l’accusation. Les conseils des personnes mises en cause dénoncent pour leur part une instrumentalisation et une guerre interne entre forces de sécurité. Le témoignage du lieutenant‑colonel, qui dit avoir continué d’enquêter malgré son exclusion de la commission mixte, est aussi contesté : il explique avoir poursuivi ses recherches pour comprendre la coupure d’internet la nuit du meurtre et pourquoi la piste du téléphone de Savom n’avait pas été explorée.
L’audience a été renvoyée aux 16 et 17 novembre pour la poursuite du contre‑interrogatoire du témoin.
Source initiale : RFI




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