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Tanzanie : un an après les violences du 29 octobre 2025, les questions restent entières

10/29/2026 Par 0 commentaire
Tanzanie: un an après les violences électorales, «toujours pas de réponses claires sur ce qui s’est passé»

Le 29 octobre 2025, la présidentielle tanzanienne a basculé dans des violences meurtrières. Un an plus tard, l’anniversaire est marqué par des appels à la vérité et à la réconciliation, alors que de nombreuses questions restent sans réponse.

Un bilan humain contesté et un rapport partiel

Au cours des affrontements survenus à Dar es Salaam et dans plusieurs villes, des manifestants avaient dénoncé l’exclusion des principaux candidats d’opposition. Des bâtiments et véhicules ont été incendiés et les forces de sécurité sont intervenues pendant un black‑out numérique qui a duré plus de cinq jours, limitant la circulation de l’information.

La commission d’enquête mise en place par le gouvernement a recensé 518 morts, un chiffre considéré comme sous‑estimé par des détracteurs. Son rapport intégral n’a toutefois jamais été rendu public : seules des conclusions résumées ont été diffusées, empêchant un examen indépendant détaillé, relèvent des chercheurs et observateurs.

L’opposition exige justice et réparation

Le principal parti d’opposition, Chadema, a organisé une semaine de commémoration du 29 octobre au 4 novembre. Le parti réclame notamment une enquête indépendante associant différentes parties prenantes pour établir les responsabilités, ainsi qu’un mécanisme d’indemnisation pour les victimes et leurs familles. Une veillée aux bougies était annoncée pour le 3 novembre.

Une seconde commission, chargée des aspects criminels des événements, a été formée, mais elle suscite le scepticisme d’universitaires qui estiment qu’elle pourrait complexifier le processus de réconciliation sans apporter la transparence attendue.

Appels religieux et inquiétudes sur les disparitions

Les principales Églises chrétiennes du pays appellent à la prière et à la réconciliation nationale, tout en insistant pour que la poursuite de la paix n’exempte pas la justice. Le Conseil chrétien de Tanzanie souligne que « pardonner ne signifie pas oublier » et demande que les responsables soient traduits en justice lorsque nécessaire.

Les craintes sur les atteintes aux droits humains persistent. Des avertissements policiers publiés fin octobre ont pointé des risques de nouveaux troubles, sans présentation publique de preuves détaillées. Par ailleurs, la disparition récente au Kenya de Twaha Mwaipaya, ancien responsable de la jeunesse de Chadema, a ravivé les inquiétudes concernant des enlèvements et une « répression transnationale », selon des chercheurs d’Amnesty International, qui relient potentiellement cette disparition à l’activité du militant sur les réseaux sociaux.

Source initiale : RFI

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