Algérie : le Parlement approuve l’envoi d’unités militaires au Niger pour protéger des intérêts énergétiques
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a officialisé le 26 octobre l’envoi d’unités militaires au Niger, après un vote à l’unanimité des deux chambres du Parlement la veille. Officiellement, ces forces doivent protéger des « intérêts énergétiques » communs à Alger et Niamey.
Un vote historique pour un déploiement à l’étranger
Il s’agit du premier déploiement officiel de soldats algériens hors du pays depuis la guerre israélo-arabe de 1973. Le Parlement a autorisé le déploiement à la demande des autorités nigériennes, quelques jours après la signature d’un protocole d’accord militaire entre Alger et Niamey.
Des sites énergétiques ciblés
Les intérêts visés sont identifiables : le site pétrolier de Kafra, dans la région d’Agadez, co-géré par la compagnie publique algérienne Sonatrach, et le projet de gazoduc trans-saharien pour lequel le Niger est pays de transit. La présidence algérienne a présenté la mission comme destinée à sécuriser ces investissements et infrastructures.
Zones d’ombre et tensions régionales
Les autorités n’ont communiqué ni sur les effectifs envoyés, ni sur les missions précises, la durée ou les emplacements exacts des unités. Quelques mois plus tôt, Alger avait déjà déployé des avions de combat au Niger après une tentative de déstabilisation à Niamey.
Des spécialistes mettent en garde contre l’escalade régionale : Michael Ayari de l’International Crisis Group souligne que la présence algérienne s’inscrit aussi dans un jeu d’influences au Sahel, notamment face aux acteurs soutenus par les Émirats arabes unis et les forces liées au maréchal Haftar en Libye. Au Niger, la perspective d’une présence militaire étrangère suscite par ailleurs des débats sur le respect des procédures prévues par la charte de la refondation et la souveraineté nationale.
Source initiale : RFI




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