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Soudan du Sud fête ses 15 ans sans célébrations: entre espoirs déçus et reprise des combats

08/16/2026 Par 0 commentaire

Le 9 juillet 2026 marque les quinze ans de l’indépendance du Soudan du Sud. L’apparente jubilation qui avait suivi le référendum de 2011, approuvé par près de 99% des votants, a été emportée par des années de violences et de crises. Cette année encore, le gouvernement n’organise pas de célébrations officielles, invoquant le coût et d’autres priorités.

Une économie en difficulté et des services publics en panne

Le pays, riche en ressources pétrolières, affiche pourtant des indicateurs alarmants. Selon le FMI, le Soudan du Sud était en 2025 le sixième pays le plus pauvre du monde, avec un PIB par habitant de 470 dollars. Les revenus pétroliers ont chuté, notamment en raison des tensions et de la guerre au Soudan voisin qui perturbent les exportations. L’accès à l’électricité reste extrêmement limité (8% de la population) et la fonction publique connaît des retards de paiement importants : certains fonctionnaires n’avaient pas reçu de salaire depuis deux ans avant un versement récent d’un mois.

La violence politique et la division entre Kiir et Machar

La rivalité historique entre le président Salva Kiir (dinka) et son ancien vice-président Riek Machar (nuer) a dégénéré en guerre dès 2013. Un accord de paix « revitalisé » signé en 2018 n’a pas permis d’achever la transition: la connexion des forces rivales à une armée unifiée, la démobilisation des milices et l’organisation d’élections ont été retardées. En mars 2025, une attaque attribuée à une milice liée à Machar a relancé les violences et fait des centaines de morts, entraînant l’arrestation et la suspension de Machar, désormais accusé de crimes graves selon le gouvernement.

Des élections annoncées mais incertaines

Le gouvernement a annoncé la tenue d’un scrutin le 22 décembre 2026. Plusieurs questions restent en suspens: la capacité financière d’organiser des élections, la tenue du vote dans des zones en proie à l’insécurité, et l’impact de l’absence du principal opposant. Des observateurs et acteurs de la société civile doutent de la portée apaisante de cette annonce, la qualifiant pour certains d’outil pour calmer le mécontentement populaire plutôt que d’une réelle avancée démocratique.

Pour de nombreux Sud-Soudanais, l’indépendance laisse aujourd’hui le goût amer de la corruption, des violations des droits, de l’absence d’État de droit et d’une insécurité persistante, résume la société civile. La beauté de l’indépendance s’estompe d’année en année, selon des acteurs locaux.

Source initiale : RFI

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