Rencontre à Syrte entre chefs d’état-major libyens : symboles, mais pas d’engagements majeurs
Une nouvelle réunion militaire s’est tenue le 12 juillet 2026 à Syrte entre les chefs d’état-major des deux principales autorités libyennes. Malgré le climat qualifié de « positif » par certains protagonistes et le soutien de l’ONU et des États‑Unis, les spécialistes estiment que la portée concrète de cette rencontre reste limitée.
Une réunion voulue par Washington, mais sans portée immédiate sur le terrain
La rencontre a réuni Salah Eddine Al‑Namroush, chef d’état‑major de l’armée reconnue par l’ONU à Tripoli, et Khaled Haftar, nommé à la tête de l’Armée nationale libyenne (ANL) de l’Est. Choisie pour sa position géographique médiane, Syrte a servi de lieu de discussion dans le cadre d’efforts américains visant à promouvoir une réunification politique, économique et militaire de la Libye.
Des gestes symboliques plutôt que des comités opérationnels
Plusieurs participants — dont la numéro deux de la mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) — et les membres des comités 5+5 et 3+3 étaient présents. La réunion a abordé des thèmes comme la sécurité des frontières et la stabilité intérieure, et a abouti à l’annonce d’un exercice militaire conjoint dont la date n’a pas été précisée.
Les limites relevées par les spécialistes
Pour Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye, ces rencontres restent essentiellement symboliques : elles se déroulent majoritairement au nord du pays et n’impliquent pas de coordination réelle sur le terrain, notamment dans le sud où se sont concentrés les problèmes sécuritaires en 2026 (enlèvements, frictions, incidents). Selon lui, il faudra la mise en place de comités capables de donner des ordres à des brigades hors de leur province pour parler d’engagements majeurs — condition qui n’est pas remplie pour l’instant.
La réunion intervient dans un contexte de pressions américaines pour accepter un plan de stabilisation et alors que la Libye reste divisée entre un gouvernement reconnu par l’ONU à Tripoli et un pouvoir parallèle à Benghazi sous l’influence du maréchal Khalifa Haftar. Les observateurs jugent que, pour l’heure, ces initiatives ne changent pas la réalité de la division du pays.
Source initiale : RFI




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