Le Comité des disparitions forcées de l’ONU exige des réponses de Bamako sur la disparition de Mountaga Tall
Le Comité des disparitions forcées des Nations unies a adressé le 10 juillet une série de « demandes d’action urgente » à l’État malien, réclamant des informations et des mesures immédiates pour retrouver Maître Mountaga Tall et son fils, tous deux enlevés selon les familles par la Sécurité d’État.
Ce que demande le comité onusien
Dans une lettre consultée par RFI, le comité demande notamment que l’État malien indique si Mountaga Tall et Cheick Mamadou Tall sont détenus dans un lieu placé sous l’autorité de l’État, en précisant la localisation, les charges retenues et les fondements juridiques de leur détention. Il exige également qu’ils puissent recevoir la visite de leurs proches et de leurs avocats et que Mountaga Tall ait accès aux soins et médicaments nécessaires à son état de santé.
Enquête et sanctions réclamées
Si l’État ne peut confirmer leur détention, le comité demande d’établir une « stratégie globale de recherche et d’enquête », incluant la fourniture d’informations sur toutes les opérations menées par les forces maliennes au moment des enlèvements (identité des agents impliqués, personnes détenues et lieux de détention). Le comité recommande aussi l’analyse des images de vidéosurveillance proches du domicile de Mountaga Tall et des relevés téléphoniques de la famille, afin d’identifier et de sanctionner les auteurs.
Calendrier et contexte
Les « demandes d’action urgente » ont été transmises le 10 juillet à la mission permanente du Mali auprès de l’ONU à Genève, à la suite d’une requête déposée le 7 juillet par les avocats de la famille. Le comité demande des réponses sur les mesures adoptées « au plus tard le 24 juillet ». Le ministère malien des Affaires étrangères n’a pas commenté.
Les avocats de la famille avaient indiqué leur intention de saisir également la Cour africaine des droits de l’homme. Depuis début mai, plusieurs personnalités politiques pro-démocratie, des militaires et des religieux ont été enlevés, selon des sources familiales et associatives, souvent en dehors de tout cadre judiciaire légal ; leur nombre exact et leur sort restent inconnus.
Source initiale : RFI




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