Un rapport montre comment Boko Haram a recours à l’intelligence artificielle depuis 2023
Un rapport de l’université de Cambridge, publié le 10 juillet, rassemble pour la première fois des témoignages d’anciens membres de Boko Haram décrivant l’utilisation de l’intelligence artificielle par le groupe depuis 2023. Les récits montrent que des chatbots comme ChatGPT, Claude, Grok ou DeepSeek ont été employés au-delà de la propagande : pour la formation, la logistique et la planification opérationnelle.
Des formations et des unités spécialisées
D’après l’enquêtrice Antonia Juelich, des formateurs venus d’Irak, d’Afghanistan ou du Maghreb ont initié des combattants à l’art du « prompt » — la manière d’interroger les grands modèles de langage. Des unités d’experts IA ont ensuite été créées au sein des factions ; ces spécialistes, ayant accès aux versions payantes des chatbots, traitaient les demandes des combattants.
Applications concrètes sur le terrain
Les témoignages indiquent que l’IA a été consultée pour des usages opérationnels : apprendre à se servir d’armes saisies, optimiser des charges explosives pour drones kamikazes, coordonner des attaques et ajuster les effectifs envoyés en mission. Un ancien affilié à l’État islamique en Afrique de l’Ouest rapporte que l’IA a permis de remplacer des opérations massives par des unités plus réduites et mieux coordonnées.
Limites des garde-fous et risques
Les experts cités dans le rapport estiment que ces usages montrent que les protections mises en place par certains fournisseurs d’IA peuvent être contournées. Ils soulignent un risque potentiel : l’IA peut diminuer les barrières techniques à la fabrication d’armes, même si l’accès aux matériaux demeure un frein pour des armes de destruction massive. Les auteurs appellent à renforcer les garde-fous pour limiter la dissémination d’instructions dangereuses.
Source initiale : France 24




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