Au procès pour complot au Mali, Kalilou Doumbia affirme avoir obéi au président de transition
La troisième journée du procès pour « tentative de complot contre le gouvernement » s’est tenue le 16 juillet 2026 à la Cour d’appel de Bamako. Parmi les six prévenus liés à l’ancien président de transition Bah N’Daw, Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la présidence, a nié tout projet de coup d’État et affirmé avoir agi sur ordre du chef de l’État de l’époque.
Il reconnaît son rôle mais nie le complot
Interrogé sur sa lecture à la télévision, le 24 mai 2021, de la composition du nouveau gouvernement — acte qui avait provoqué la colère des militaires alors au pouvoir — Kalilou Doumbia a expliqué que cette annonce relevait de ses fonctions de secrétaire général et qu’il avait obéi au président de transition Bah N’Daw, qui avait décidé du remaniement. Il a dit respecter les institutions et a exprimé sa crainte pour sa sécurité et celle de sa famille.
Allégations de torture et demande d’un témoin-clé
Comme d’autres accusés, Doumbia a rappelé avoir été enlevé et torturé par la Sécurité d’État après les événements, et a raconté qu’on lui avait demandé de récupérer des documents dans un coffre-fort du palais de Koulouba dont il connaissait les codes. Il n’a pas précisé si ces documents avaient un lien avec les accusations portées la veille par le colonel Kassoum Goita, selon lesquelles plusieurs colonels auraient détourné et placé des fonds publics sur des comptes offshore — une question qu’il a refusé de traiter, invoquant l’intérêt supérieur de l’État et ses craintes pour sa sécurité.
Suspension du procès en attendant un témoin manquant
Au terme de l’audience, le procureur a demandé la suspension du procès jusqu’au lundi 20 juillet afin d’entendre le témoin clé absent depuis le début des débats : l’adjudant-chef Soumaila Bagayoko. Les avocats de la défense se sont indignés, affirmant avoir demandé depuis l’enquête la confrontation entre leurs clients et ce témoin, et estimant qu’un report donnerait à l’accusateur unique le temps de se préparer au détriment de l’équité du procès. Leur demande n’a pas été retenue.
Le procès doit reprendre avec l’audition de ce témoin, dont le témoignage est central pour l’accusation.
Source initiale : RFI




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