À Sao Tomé-et-Principe, une présidentielle sous tension marquée par la pauvreté et l’émigration
Près de 142 000 électeurs de l’archipel de Sao Tomé-et-Principe sont appelés aux urnes le 19 juillet pour élire un président parmi quatre candidats. La campagne, dominée par un duel entre le président sortant Carlos Vila Nova et le député Nito d’Abreu, se déroule dans un contexte de fortes tensions politiques et de difficultés économiques profondes.
Un duel politique dans un climat de rupture
Carlos Vila Nova brigue un second mandat après s’être présenté en indépendant, suite à sa rupture avec l’Action démocratique indépendante (ADI) qui l’avait soutenu en 2021. Cette rupture, liée au limogeage en 2025 du Premier ministre Patrice Trovoada, a fragilisé sa position. Nito d’Abreu, 42 ans, chef du groupe parlementaire de l’ADI et soutenu par Trovoada, incarne un discours de renouvellement, ciblant notamment la jeunesse.
Des problèmes quotidiens au centre du débat
Les préoccupations des électeurs sont largement économiques et sociales : coupures d’électricité récurrentes, chantiers publics au point mort, accès à l’eau, retards de salaires et faible pouvoir d’achat. L’économie reste peu diversifiée et dépendante du cacao; Sao Tomé-et-Principe n’a pas encore exploité de ressources pétrolières malgré des recherches depuis les années 1990.
Émigration, pauvreté et propositions des candidats
Plus de la moitié de la population vit sous le seuil national de pauvreté et 13 % en situation d’extrême pauvreté selon la Banque mondiale. Environ 18 % des Santoméens ont émigré récemment, beaucoup vers le Portugal. Pour freiner ce départ, Nito d’Abreu propose notamment de développer la formation professionnelle et d’attirer des financements internationaux.
Autres candidatures et questions de sécurité
Deux autres candidats demeurent en lice : l’avocat Miques João, qui a centré sa campagne sur la lutte contre la corruption mais a écourté sa campagne en invoquant des craintes pour sa sécurité après l’encerclement de sa maison par des militaires, et l’économiste Eugénio Tiny, qui prône la transparence et propose, entre autres, de renommer le pays. La participation des électeurs reste une inconnue : l’abstention avait dépassé 30 % lors du précédent scrutin.
Source initiale : RFI




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