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Afrique du Sud : une série de féminicides à Johannesburg suscite colère et protestations

09/21/2026 Par 0 commentaire
« Suis-je la prochaine ? » : en Afrique du Sud, des féminicides en série sèment effroi et colère

La découverte, en l’espace de deux mois, des corps de dix femmes dans la banlieue de Johannesbourg a déclenché indignation et manifestations en Afrique du Sud, où les féminicides restent parmi les plus élevés au monde. Les proches, associations et autorités promettent des investigations tandis que les critiques pointent des défaillances institutionnelles répétées.

Des affaires similaires qui choquent

Les victimes ont été retrouvées dans des circonstances souvent semblables : partiellement dénudées, certaines mutilées ou en état de décomposition avancée. Parmi elles figurent Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo, 38 ans, partie faire un jogging et retrouvée morte derrière un hôtel, et Jabulile Ntimba, dont le meurtre a conduit à l’interpellation, au cours du week-end, d’un homme et de deux femmes liés à l’enquête.

Colère sociale et pressions sur les autorités

Des manifestations ont eu lieu, des pancartes clamant « Suis-je la prochaine ? » ont circulé et les responsables politiques locaux, comme le Premier ministre de la province du Gauteng, Panyaza Lesufi, ont promis de « riposter ». Le président Cyril Ramaphosa a assuré que tout serait mis en œuvre pour élucider ces affaires.

Une crise structurelle dénoncée par les ONG

Des organisations de défense des droits humains et des femmes dénoncent l’insuffisance des réponses institutionnelles. La Commission sud-africaine des droits de l’Homme (SAHRC) rappelle que la violence fondée sur le genre a été qualifiée de « catastrophe nationale » par le président fin 2025, et publie des chiffres alarmants : 569 femmes tuées et 1 052 survivantes de tentatives de meurtre entre avril et juin 2026, et 8 814 cas de viol signalés au premier trimestre de l’année.

L’association Action Society a pointé des dysfonctionnements du système d’analyse ADN et l’absence de statistiques détaillées sur les crimes contre les femmes et les enfants dans les rapports trimestriels de la police, ce qui, selon elle, entrave la compréhension et la prévention du phénomène.

Des conseils aux femmes, mais des solutions structurelles attendues

La police recommande aux femmes de limiter leurs déplacements, de se déplacer en groupe et de garder leur téléphone à portée de main. Ces conseils sont jugés insuffisants par des militantes et des universitaires, qui estiment que la responsabilité de la prévention ne peut reposer sur les potentielles victimes et appellent à des réformes policières et judiciaires durables.

Source initiale : France 24

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