Une enquête identifie 284 biens immobiliers aux États‑Unis liés à des responsables nigérians
Un rapport publié le 22 septembre par la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), en partenariat avec l’Anti‑Corruption Data Collective (ACDC), documente 284 propriétés aux États‑Unis liées à 61 personnalités nigérianes. La valeur totale des biens identifiés s’élève à près de 271 millions de dollars, et 81 % d’entre eux auraient été payés en liquide.
Des achats massifs en liquide concentrés dans quelques États
Selon l’enquête « Dirty Deeds », 230 des 284 propriétés ont été réglées sans emprunt bancaire, pour environ 232 millions de dollars. Soixante‑et‑onze pour cent des biens se trouvent au Texas, en Caroline du Nord, en Californie, en Géorgie et dans le Maryland, des États qui abritent d’importantes communautés nigérianes.
Des profils divers, du militaire au parlementaire
Le rapport montre que toutes les strates de l’appareil d’État sont concernées : personnels de sécurité (militaires, policiers), membres de l’exécutif, parlementaires, gouverneurs et responsables d’entreprises publiques comme la NNPC. Trente‑neuf des 61 personnalités identifiées ont déjà été accusées, inculpées ou condamnées pour corruption.
La sécurité nationale et des détournements présumés
Le secteur de la sécurité concentre la valeur foncière la plus élevée (34 %). Le rapport cite en particulier Sambo Dasuki, ancien conseiller national à la sécurité, à qui sont attribués la majeure partie des 93 millions de dollars liés au personnel sécuritaire. La PPLAAF relève que les dépenses massives liées à la lutte contre Boko Haram ont créé des opportunités pour des marchés opaques et des détournements présumés.
Un appel à des enquêtes et à la coopération internationale
Les auteurs estiment que la fragmentation du cadre législatif américain et la fréquence des paiements en liquide ont facilité l’acquisition de biens par des fonds d’origine douteuse. La PPLAAF appelle les autorités nigérianes et américaines à enquêter et à coopérer pour que ces montages financiers soient éclaircis et que les actifs identifiés puissent, le cas échéant, profiter au peuple nigérian.
Source initiale : RFI




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