Au Bénin, premiers déguerpissements près de la lagune de Cotonou suscitent colère et explications gouvernementales
Quatre mois après l’entrée en fonction du président Romuald Wadagni, des opérations de déguerpissement ont débuté le long de la lagune de Cotonou. Des maisons sur la route entre Cotonou et Ouidah ont été marquées « à détruire » et des bulldozers sont à l’œuvre, tandis que les propriétaires disposent de délais très courts pour quitter les lieux.
Des occupants dénoncent une « méthode brutale »
Les personnes concernées racontent des évacuations menées sans préavis et expriment leur incompréhension. Certains sauvent en urgence meubles et tôles avant l’arrivée des engins. Un acquéreur résident à Paris, propriétaire depuis vingt ans et disposant de titres, a reçu un avis de démolition partielle sous sept jours et dénonce l’absence de communication et de sensibilisation.
Le gouvernement invoque des enjeux environnementaux et d’urbanisme
Le porte-parole du gouvernement, Wilfrid Houngbédji, justifie l’intervention par « une occupation anarchique de la berge et du plan d’eau » qui obstrue les exutoires naturels, favorise les inondations et gêne les travaux d’asphaltage en cours. Il affirme qu’il s’agit d’une mesure difficile mais nécessaire pour prévenir des problèmes plus graves.
Un volet social et des délais susceptibles d’être révisés
Le gouvernement dit prévoir un « volet social » : pour ceux qui sont « en règle » vis‑à‑vis des textes, un rachat des propriétés à dégager est envisagé. Selon des sources citées, les délais initiaux pourraient toutefois être largement rallongés, le calendrier ayant été jugé irréaliste par certains.
Sur le plan politique, des voix d’opposition voient dans ces opérations la continuité des politiques de déguerpissement menées sous le président précédent, Patrice Talon.
Source initiale : RFI




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