Au Nil-Bleu, détentions arbitraires et accusations d’usage d’armes chimiques exacerbent la crise
Des zones de l’État soudanais du Nil-Bleu, notamment Al-Kurmuk, Qeissan et Bau, sont devenues en 2026 des fronts actifs du conflit qui oppose depuis avril 2023 l’armée aux Forces de soutien rapide. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, quelque 99 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur de l’État entre janvier et le 23 août 2026.
Détentions, humiliations et restrictions contre les civils
L’Initiative de la société civile du Nil-Bleu rapporte des pratiques des services de sécurité — police, cellules de sécurité et renseignements militaires de la quatrième division d’infanterie — qui plongent des civils dans « les méandres de l’inconnu ». Son secrétaire général, Ali Hajou, indique que des personnes sont détenues depuis deux à trois ans, parfois à la suite de différends commerciaux avec des gradés, sans être traduites en justice ni autorisées à recevoir des visites familiales.
Les campagnes menées sous le slogan de la « lutte contre les phénomènes négatifs » incluent des mesures humiliantes (rasage public des cheveux de jeunes hommes) et des accusations vagues de « collaboration », utilisées selon l’Initiative comme prétexte pour réprimer des militants, bénévoles et acteurs de la société civile. L’organisation réclame l’application de la loi par les instances judiciaires, à l’abri de l’instrumentalisation par les services de sécurité.
Crise alimentaire et déplacements
Sur le plan humanitaire, l’expert Mohamed Al-Chabek alerte sur la sécurité alimentaire : FEWS NET classe déjà Al-Kurmuk et Qeissan au niveau 4 (situation « critique ») de la Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC). Ces localités devraient rester dans cette situation jusqu’à la saison des récoltes (octobre à janvier), tandis que d’autres zones comme Al-Tadamon, Damazin et Al-Rusayris pourraient être affectées.
Accusations d’usage d’armes chimiques par l’armée soudanaise
Au-delà des violations des droits civils, la presse américaine a publié en septembre 2026 des enquêtes s’appuyant sur des documents confidentiels indiquant que l’armée soudanaise aurait constitué un stock d’armes chimiques et produit des munitions contenant du gaz chloré, utilisées contre les Forces de soutien rapide. Les États-Unis ont déjà imposé des sanctions en mai 2025, estimant que le général al-Burhan avait autorisé le recours à des armes chimiques.
Lors de la 112e session du Conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (juillet 2026), Washington a affirmé qu’une « analyse technique rigoureuse et indépendante » concluait à l’utilisation d’armes chimiques par les forces gouvernementales en 2024 et à une situation de non-respect de la Convention en 2025. Le sénateur américain Chris Van Hollen a demandé l’ouverture d’une enquête internationale indépendante et la mise en cause des responsables présumés.
Source initiale : senego.com




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