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Le modèle des méga-prisons de Bukele séduit des responsables de droite, malgré les critiques sur les droits humains

08/13/2026 Par 0 commentaire

Le dispositif de « répression de la criminalité » mis en place par le président du Salvador, Nayib Bukele — et notamment la construction de méga-prisons — fait des émules chez des responsables de droite en Amérique latine et en Europe. Présenté par ses partisans comme une réponse rapide à l’insécurité, ce modèle est aussi fortement critiqué pour ses conséquences sur les droits humains et les institutions démocratiques.

Un modèle promu pour son efficacité apparente

Depuis la proclamation d’un état d’urgence en mars 2022, qui a permis des arrestations sans mandat et une incarcération massive, le gouvernement salvadorien a construit des centres de détention très vastes. Bukele a mis en avant ces résultats lors de sa réélection en février 2024, affirmant que le pays est passé « du statut de pays le plus dangereux au monde à celui de pays le plus sûr du continent américain ». Des dirigeants de droite — du Colombien Abelardo de la Espriella au Pérou avec Keiko Fujimori, en passant par des figures européennes comme Jordan Bardella en France — ont cité le modèle salvadorien comme source d’inspiration pour lutter contre la criminalité et répondre aux attentes d’électeurs inquiets pour leur sécurité.

Des succès contestés et difficiles à transposer

Si les images de milliers de détenus et la baisse des homicides au Salvador renforcent l’impression d’une stratégie efficace, plusieurs organisations et experts mettent en garde. Human Rights Watch et l’ONG salvadorienne Cristosal documentent des détentions arbitraires, des cas de torture et un affaiblissement des garanties judiciaires. Des experts des Nations unies ont averti qu’une détention prolongée sans accès à une assistance juridique ni à un contrôle judiciaire peut constituer une violation grave du droit international.

Contexte et limites d’une reproduction ailleurs

Plusieurs gouvernements qui ont tenté d’imiter l’approche salvadorienne n’ont pas obtenu les mêmes résultats. En Équateur, des mesures de militarisation et d’arrestations massives n’ont pas permis de réduire durablement la violence ; le taux d’homicides a même augmenté fortement entre 2020 et 2025 selon des sources officielles et des analyses spécialisées. Au Honduras, des états d’urgence et une militarisation de la sécurité n’ont pas non plus entraîné une baisse comparable de la violence.

Pour Human Rights Watch, le « modèle Bukele » dépasse les seules incarcérations : il inclut une concentration des pouvoirs, des tribunaux sous influence et des détentions de masse sans procédure régulière, ce qui, estiment ses détracteurs, compromet la sécurité durable en affaiblissant les institutions chargées de la garantir.

Source initiale : BBC

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