Au Nigeria, une herpétologue sauve des serpents et alerte sur le manque d’antivenin
Au Nigeria, où les morsures de serpents restent une menace majeure en zone rurale, la herpétologue Taiwo Okikiola milite pour la conservation des serpents et pour une meilleure prise en charge des victimes. Elle capture et relâche les reptiles dans leur milieu naturel et promeut la recherche sur le venin comme ressource médicale.
Changer la peur en compréhension
Dans de nombreuses régions d’Afrique, les serpents sont associés à la superstition et à la sorcellerie, ce qui incite souvent les populations à tuer les animaux dès leur apparition. Okikiola cherche à modifier cette perception en étudiant le comportement des espèces et en expliquant leur rôle écologique. Elle souligne aussi que certains serpents, bien que dangereux, sont manipulés avec précaution dans le cadre scientifique.
Un besoin criant d’antivenins
Les statistiques citées indiquent qu’environ 20 000 personnes sont mordues chaque année au Nigeria, entraînant près de 2 000 décès faute d’antivenin disponible. Le cas de la chanteuse Ifunanya Nwagene, décédée en janvier 2026 après une morsure, a relancé la controverse sur l’accès aux traitements. Okikiola rappelle que les venins varient selon les espèces et que le traitement doit être adapté à l’agent en cause.
Conservation et santé publique liés
Outre la promotion de la conservation, elle plaide pour un renforcement des moyens alloués aux morsures de serpent et pour la mise à disposition d’antivenins dans les hôpitaux, notamment en milieu rural. En 2017, le Nigeria avait alloué 192 000 dollars aux programmes de lutte contre les morsures, un montant jugé insuffisant par de nombreux acteurs. L’Organisation mondiale de la Santé estime, au niveau mondial, plus de 5,4 millions de morsures et plus de 81 000 décès chaque année.
Source initiale : BBC




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