Au Pakistan, une filière de trafic de placenta humain mise au jour par la police
La police pakistanaise a mis au jour un réseau soupçonné de récupérer clandestinement des placentas dans des hôpitaux pour les transformer ensuite en produits cosmétiques et médicaux destinés à l’exportation, a rapporté la FIA à BBC News Urdu.
Des quantités importantes saisies et plusieurs arrestations
Fin juillet, une descente à Islamabad a permis de saisir environ 500 kg d’un matériau identifié comme du placenta humain dans une maison transformée en installation de stockage et de traitement. Cinq personnes ont été arrêtées sur place ; au total neuf suspects sont désormais en garde à vue, selon la FIA. Les autorités affirment que le réseau achetait jusqu’à 200 kg de placenta par mois auprès d’hôpitaux de grandes villes comme Islamabad, Rawalpindi, Lahore et Peshawar, pour environ 2,90 dollars par placenta.
Exportation et usages allégués
La FIA indique que des envois ont été interceptés, dont 100 kg saisis à l’aéroport d’Islamabad à destination du Viêt Nam, où l’utilisation de placenta humain est interdite. Les enquêteurs affirment que les organes étaient séchés et transformés en injections anti-âge revendues jusqu’à 2 530 dollars l’unité. L’agence enquête aussi sur la possible complicité d’agents des services d’immigration, d’entreprises de gestion des déchets et d’administrateurs hospitaliers.
Entre marché lucratif, traditions et risques sanitaires
Le placenta est utilisé depuis longtemps en médecine traditionnelle et fait l’objet d’un marché mondial croissant : une estimation de la société Polaris évoque un marché légal de plus de 700 millions de dollars aujourd’hui, susceptible d’atteindre 1,4 milliard d’ici 2034, incluant placenta humain et animal. Des extraits de placenta sont employés en cosmétique et dans certains traitements médicaux, mais les preuves scientifiques et les cadres réglementaires varient fortement d’un pays à l’autre.
Au Pakistan, le placenta est classé comme déchet médical hautement infectieux et doit être conservé en chambre froide puis incinéré selon les procédures hospitalières. Des spécialistes consultés rappellent par ailleurs les risques infectieux liés à des produits issus de placentas non contrôlés, pouvant notamment transmettre des virus comme le VIH ou l’hépatite B.
Source initiale : BBC




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