Des trésors détruits en temps de guerre : pourquoi si peu de responsables sont jugés ?
Les récents conflits ont causé d’importants dégâts au patrimoine culturel : bombardements en Ukraine, destructions à Gaza, atteintes aux sites iraniens et mises en péril des pyramides de Méroé au Soudan. Si les images et les inventaires des dommages abondent, les responsables restent rarement poursuivis.
Des dégâts documentés, peu de poursuites
En Ukraine, les attaques aériennes ont endommagé des sites inscrits par l’Unesco, et le ministère ukrainien de la Culture a recensé des centaines de lieux touchés. À Gaza, la Grande Mosquée d’Omari a été presque détruite lors d’une frappe en 2023. D’autres conflits, au Mali, en Irak, en Iran ou au Soudan, ont entraîné la perte ou la menace de monuments, bibliothèques et musées.
Un arsenal juridique souvent inefficace sur le terrain
Le système de protection internationale existe : la Convention de La Haye (1954) et son protocole additionnel (1999) obligent les États à protéger les biens culturels en temps de guerre. La Cour pénale internationale peut qualifier de crimes de guerre les attaques délibérées contre des biens culturels. Pourtant, sur le plan pratique, cette protection bute sur la compétence juridictionnelle et la volonté politique. À ce jour, la CPI n’a condamné qu’un seul accusé pour destruction de patrimoine — Ahmad al‑Faqi al‑Mahdi pour les attaques à Tombouctou.
Des acteurs qui cherchent à préserver le patrimoine
Face aux destructions, ONG et fondations s’organisent : la Fondation Aliph a financé l’évacuation et la mise en sécurité d’œuvres en Ukraine via des « ambulances du patrimoine », tandis que Blue Shield International aide à documenter les dégâts et coordonne la protection sur le terrain. Ces actions montrent l’engagement des professionnels et des populations locales, souvent au péril de leur vie.
Malgré les progrès techniques — images satellites, télédétection, inventaires — la question demeure : sans engagement politique fort et mécanismes judiciaires plus efficaces, les destructions de patrimoine risquent de se répéter, avec des conséquences durables sur la mémoire et l’identité des peuples.
Source initiale : BBC
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