Quatre cas d’Ebola à Kisangani : comment des malades ont échappé aux contrôles en provenance de Nia‑Nia
Chapo : L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo s’étend : la Tshopo (Kisangani) et le Haut‑Uélé enregistrent des cas liés à la zone de santé de Nia‑Nia en Ituri. Le ministre de la Santé décrit des modes de déplacement et des enterrements qui ont permis à des malades et contacts d’échapper aux points de contrôle.
Arrivées nocturnes et enterrement : deux morts transportés vers Kisangani
Selon le ministre Roger Samuel Kamba, deux femmes originaires de Nia‑Nia, travaillant dans des carrés miniers, sont mortes et leurs corps ont été transportés jusqu’à Kisangani par de petites voies la nuit, afin de contourner les dispositifs sanitaires. L’une était enceinte ; la famille a souhaité pratiquer une césarienne pour séparer les corps avant l’inhumation. Les proches sont arrivés vers trois heures du matin et les corps ont passé la nuit sur la route. Un centre de santé non habilité a reçu les dépouilles et alerté les autorités : les tests ont confirmé la présence du virus.
Fuite d’un patient et cas d’un policier retrouvés à Kisangani
Un troisième cas concerne un patient évadé d’un centre de traitement situé à « PK50 », incendié une dizaine de jours plus tôt selon le ministre ; il a été retrouvé vivant à Kisangani. Le quatrième cas est un policier contaminé à Nia‑Nia puis arrivé lui aussi à Kisangani. Les autorités ont lancé la recherche des contacts de ces quatre personnes.
Haut‑Uélé : contacts en fuite et environ cinq cas selon le ministre
La contamination du Haut‑Uélé est également attribuée à des personnes venues de Nia‑Nia. Le ministre affirme qu’une femme y est morte et que des membres de sa famille, venus assister à l’enterrement, sont devenus des contacts. Trois d’entre eux ont fui et rejoint Wamba (Haut‑Uélé) où ils ont été retrouvés. Deux autres malades auraient été ramenés depuis Nia‑Nia, l’un étant décédé, portant à environ cinq le nombre de cas dans la province selon l’estimation du ministre, qu’il présente comme approximative. Aucun document indépendant disponible n’a encore confirmé ce chiffre.
Renforcement des contrôles et concentration de l’épidémie en Ituri
Le ministre indique avoir intensifié, avec le gouverneur militaire de l’Ituri, les points de contrôle pour limiter la mobilité entre zones affectées. Le rapport quotidien de l’Institut national de santé publique (INSP) du 8 juillet confirmait que l’Ituri concentrait la majorité des cas et des décès de l’épidémie, avec plusieurs zones de santé particulièrement touchées.
Source initiale : RFI




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