Visite d’État en France : bilan économique mitigé pour le président Brice Oligui Nguema
La première visite d’État de Brice Oligui Nguema en France, du 20 juillet 2026, a privilégié les dossiers économiques. Deux annonces dominent : un financement pour la modernisation du Transgabonais et un accord-cadre avec le groupe minier Eramet visant une transformation locale du manganèse. Mais certains observateurs gabonais jugent le bilan insuffisant.
312 millions d’euros pour moderniser le Transgabonais
Le principal résultat concret de la visite est la signature d’un accord de financement de 312 millions d’euros entre Proparco (la filiale privée de l’Agence française de développement), la Société financière internationale (SFI) et la Société d’exploitation du Transgabonais. L’objectif est de lancer la troisième phase de mise à niveau de la voie ferrée, infrastructure qui contribue à hauteur de 20 % du PIB gabonais.
Selon Proparco, les travaux doivent améliorer la capacité et la fiabilité du transport des minerais, renforcer la logistique pour le fret et les passagers, et améliorer la chaîne de valeur autour du secteur minier.
Un protocole avec Eramet conditionné à l’électrification
Un protocole d’accord a été signé avec Eramet pour développer la transformation locale du manganèse. Le texte fixe un objectif de production pour la fin 2031, délai perçu comme plus long que l’horizon 2029 visé initialement par les autorités gabonaises.
Eramet exige, comme condition pour construire une nouvelle usine d’alliage, que l’État gabonais finance les projets d’électrification nécessaires. Certains spécialistes estiment toutefois que la signature marque une avancée diplomatique : elle replace la transformation locale du manganèse au cœur des négociations avec les industriels.
Critiques internes et questions sur la soutenabilité
La classe politique gabonaise a été divisée. Des voix ont qualifié le bilan de « bien maigre » et ont critiqué le faste de la délégation. L’ancien sénateur Michel Ongoundou Loundah a même mis en doute la pérennité de l’accord avec Eramet tant que le Gabon n’aura pas assuré une fourniture d’énergie suffisante et abordable.
Par ailleurs, alors que Libreville cherche à conclure un programme avec le Fonds monétaire international, l’État doit rendre public un audit complet de sa dette. Le Gabon, déjà endetté à plus de 70 % du PIB, a par ailleurs dévoilé un projet de nouvel emprunt pouvant aller jusqu’à 1,5 milliard de dollars, élément qui alimente les interrogations sur la soutenabilité financière du pays.
Source initiale : RFI




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