L’autosuffisance en carburant en Afrique d’ici 2030 : ambitions et obstacles
Chapô — Entre grandes annonces et projets en cours, l’Afrique pourrait se rapprocher de l’autosuffisance en carburant d’ici 2030. Reste à transformer la production brute existante en produits finis et à régler des verrous logistiques et économiques.
Des capacités en construction, mais encore insuffisantes
Le 30 septembre, Aliko Dangote a posé la première pierre de la raffinerie de Lamu, au Kenya, annoncée à 700 000 barils par jour. D’autres chantiers ou extensions sont avancés : l’extension de la raffinerie Dangote de Lekki au Nigeria (visée fin 2028) doit permettre de doubler sa production à terme, potentiellement jusqu’à environ 1,4 million de barils par jour, et des projets sont en cours au Ghana (Sentuo), en Angola, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Niger et au Tchad.
Pourquoi l’autosuffisance reste un défi
Pour couvrir toute la demande africaine, il faudrait des raffineries capables de traiter plus de 4 millions de barils par jour. L’Afrique produit aujourd’hui environ 5 millions de barils par jour de pétrole brut, mais la capacité de raffinage sur le continent reste à renforcer.
Obstacles logistiques et économiques
Au-delà des unités de raffinage, les défis sont principalement logistiques : acheminement, stockage et distribution des carburants. De nombreux pays manquent de capacités de stockage et s’appuient encore largement sur le transport routier. Le développement de pipelines et d’infrastructures de stockage est nécessaire pour réduire les coûts et les pertes.
Économiquement, la compétitivité des carburants locaux face aux importations est cruciale. Aujourd’hui, les pays africains exportent souvent le brut à bas prix et importent les produits raffinés plus chers, d’où l’argument en faveur du raffinage local pour capter davantage de valeur ajoutée.
Conclusion — Les nouveaux projets et extensions rendent l’objectif d’autosuffisance plus crédible qu’il y a vingt ans, mais atteindre une couverture totale de la demande continentale implique d’accélérer les capacités de raffinage et d’investir massivement dans la logistique et la compétitivité des carburants.
Source initiale : RFI


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