Libre jeu de la concurrence et hausse des prix : où échoue le système économique sénégalais ?
La montée des prix pèse lourdement sur les ménages sénégalais. Invité de l’émission « Jury du Dimanche » sur iRadio, l’économiste El Hadji Aliou Diouf a analysé les défaillances du système économique : concurrence imparfaite, manque de visibilité sur la formation des prix et institutions de contrôle insuffisantes.
Quand le « libre jeu » ne suffit plus
Le principe de liberté des prix est central au fonctionnement économique, mais il ne garantit pas une concurrence effective. Dans plusieurs secteurs stratégiques, la concentration des acteurs réduit la pression concurrentielle. Résultat : la simple absence d’intervention de l’État n’empêche pas des situations où un opérateur ou un petit nombre d’acteurs peuvent imposer des conditions de marché défavorables aux consommateurs.
La transparence des coûts, clé pour comprendre les hausses
La complexité de la chaîne de formation des prix — coût d’achat, transport maritime, assurances, droits, stockage, transport intérieur, marges — rend difficile pour le consommateur de savoir si une hausse est justifiée. Diouf souligne que, sans information sur les coûts réels, il est impossible de vérifier si l’augmentation des prix correspond à des surcoûts supportés par les importateurs ou distributeurs.
Renforcer le contrôle plutôt que multiplier les annonces
Pour protéger durablement le pouvoir d’achat, l’économiste plaide pour des institutions de contrôle renforcées : agents formés, moyens techniques et juridiques, vérification des prix, factures, stocks et marges. La régulation doit aussi associer contrôle économique et sanitaire et prévoir des sanctions applicables en cas de fraude ou d’entente.
Diouf met en garde contre un contrôle des prix trop rigide qui pourrait provoquer pénuries ou marchés parallèles. L’approche recommandée est sélective : plus de transparence et surveillance des coûts et des stocks dans les produits stratégiques, et facilitation de l’entrée de nouveaux acteurs pour renforcer la concurrence ailleurs.
Au final, la lutte contre la vie chère, selon l’analyse rapportée, n’oppose pas simplement État et marché : elle vise à établir des règles claires et des institutions capables d’empêcher qu’un manque d’information ou des positions dominantes pénalisent durablement le consommateur.
Source initiale : seneweb.com


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