Mauritanie : entre pression sociale et calculs électoraux, comment Ghazouani a refaçonné son gouvernement
Le récent remaniement du gouvernement mauritanien combine réponses à la pression de l’opinion et mouvements calculés pour renforcer des appuis politiques. Entre limogeages de ministres exposés et nominations ciblées, le président Mohamed O. Ghazouani a redistribué les cartes en mêlant considérations sécuritaires, tribales et électorales.
Des départs sous pression et des allégations sensibles
Plusieurs ministres très exposés ont été remplacés après une vague d’indignation liée à une crise énergétique prolongée et à une hausse de faits divers (viols, crimes, cyber‑escroqueries, trafics) dénoncés par la population. Sont notamment pointés du doigt les départs des ministres de l’Énergie et de l’Intérieur.
La situation autour du ministre de la Défense, le Général Hanana Ould Sidi, reste particulière : il conserve une forte réputation de confiance présidentielle, mais la presse et des sources citées évoquent des allégations — reprises dans l’analyse source — sur une utilisation non orthodoxe de fonds de l’Union européenne et le lien territorial entre des auteurs d’un trafic d’armes intercepté le 4 septembre 2026 et le terroir natal du général. Ces éléments restent présentés comme des informations signalées par des sources.
Nominations ciblées et calculs électoraux
Le remaniement a porté des choix visibles : Ousmane Ba à la Défense nationale et Aïssata Lam au ministère de la Pêche, nominations lues comme un geste vers la ville de Boghé et ses réseaux électoraux. El Moktar Ould Ahmed Ould Bousseif est nommé au ministère de l’Intérieur, un choix analysé comme visant les tribus de Kiffa. Aïssata Ba Yahya devient secrétaire générale de la présidence, une désignation qui rapproche aussi des cercles du renseignement extérieur.
Plus largement, l’analyse fournie par la source insiste sur une stratégie du chef de l’État consistant à renforcer la loyauté au sein des cadres militaires et administratifs, tout en cherchant à capter des réserves de voix tribales et familiales dans le Sud et le centre du pays.
Le rôle de l’armée et les équilibres à surveiller
L’article souligne que, depuis la chute du régime de Moktar Ould Daddah, l’armée joue un rôle structurant dans la vie politique mauritanienne. Les observateurs, note-t‑on, restent attentifs à la « température » des casernes : la promotion d’hommes de confiance et l’octroi de postes aux proches de l’appareil sécuritaire sont interprétés comme des mesures visant à consolider l’ancrage du pouvoir face à une ambition présidentielle perçue comme tournée vers un nouveau mandat.
Source initiale : seneweb.com


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