RDC : retards de paiement et tensions à Bunia au cœur de la riposte contre Ebola
À Bunia, dans l’est de la République démocratique du Congo, des prestataires impliqués dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo ont manifesté début juillet pour réclamer le paiement de leurs primes, dénonçant retards et salaires insuffisants. Les tensions mettent en lumière les difficultés à coordonner les financements et les équipes sur le terrain.
Des protestations liées aux paiements et aux conditions de travail
Les manifestants formulent des revendications de prestataires regroupés dans une coalition d’investigateurs — médecins, hygiénistes, gestionnaires de données et autres personnels chargés du suivi des alertes. Des hygiénistes disent n’avoir pas perçu de primes depuis le 15 mai, et leurs effectifs auraient crû de sept à 115 personnes avec l’évolution de l’épidémie. Le ministre de la Santé, Roger Samuel Kamba, indique que la mobilisation ne concernait pas les équipes soignantes des centres de traitement et que les structures continuaient de fonctionner après des négociations initiales.
Une gouvernance éclatée des financements
Selon le ministre, l’État, les agences internationales, les ONG et d’autres partenaires recrutent séparément, appliquent des grilles de rémunération différentes et suivent leurs propres procédures, ce qui complique l’harmonisation des paiements. Il cite le cas d’une structure ayant transmis deux listes de prestataires très différentes, contraignant les autorités à suspendre les versements pour vérification. Le gouvernement prévoit de mettre en place un système d’identification biométrique pour sécuriser les paiements.
Appels à financer et contexte international
Le 9 juillet, le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a annoncé le déblocage de 60 millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) pour soutenir la riposte en RDC et a appelé les bailleurs à accélérer l’acheminement des fonds vers le terrain. Le même jour, Africa CDC a demandé d’augmenter en urgence les capacités de traitement, estimant que l’épidémie progressait rapidement.
Un problème récurrent
Le ministre rappelle que les annonces répétées de financements internationaux peuvent alimenter des attentes sur le terrain : les ressources annoncées transitent par de nombreux bailleurs et organisations aux règles distinctes. Des épisodes antérieurs — rapports critiques sur la gestion des ripostes et procédures judiciaires visant d’anciens ministres — montrent que la gouvernance des financements des urgences sanitaires est un sujet de débat récurrent en RDC.
Source initiale : RFI




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