Au Sénégal, réactions contrastées après le soutien officiel à la candidature de Macky Sall à l’ONU
Le 20 juillet 2026, le Sénégal a officiellement soutenu la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. À Dakar, la décision suscite des réactions opposées : accueil chaleureux du camp présidentiel, fortes critiques des familles de victimes des violences politiques et silence prudent du parti Pastef.
Satisfaction de l’APR, message de gratitude de Macky Sall
L’Alliance pour la République (APR) salue « la hauteur de vue et l’esprit républicain » du chef de l’État et qualifie ce soutien d’« historique ». Sur les réseaux sociaux, Macky Sall remercie notamment Bassirou Diomaye Faye pour cette décision, se disant honoré par l’appui officiel du pays.
Incompréhension et colère des familles des victimes
Ce choix heurte profondément les familles des victimes des manifestations de 2021 à 2024, qui réclament depuis des années une enquête complète sur ces violences — plus d’une soixantaine de morts selon les bilans cités. Pour des collectifs de victimes, Macky Sall serait « disqualifié pour les Nations unies » tant que les responsabilités n’ont pas été éclaircies.
Pastef garde le silence, temporise sur sa réaction
Le parti Pastef, qui détient la majorité à l’Assemblée nationale, n’a pas réagi officiellement. Un responsable évoque des « calculs politiciens » et préfère pour l’instant « prendre de la hauteur », en privilégiant le dossier des victimes — avec une manifestation prévue à Genève — et en attendant l’avancée du volet judiciaire. Le parti dit vouloir laisser les auditions en cours suivre leur cours avant de se prononcer publiquement.
Enjeux politiques : recomposition et échéances à l’horizon
Plusieurs analystes relient le revirement de Bassirou Diomaye Faye à ses projets politiques : il doit lancer son propre parti dans les jours à venir et cherche des alliés pour former une coalition. Politiquement, cet appui s’inscrit dans une recomposition qui se prépare en vue des élections locales de janvier 2027 puis de la présidentielle de 2029. Sur le plan judiciaire, plus d’une centaine d’auditions ont déjà eu lieu dans le cadre des violences de 2021-2024, et l’Assemblée nationale pourrait, le cas échéant, engager des procédures complémentaires.
Source initiale : RFI



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