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« Un étudiant, un ordinateur » : les auditions parlementaires interrogent la méthode et la transparence

10/09/2026 Par 0 commentaire
« Un étudiant, un ordinateur » : la méthode de l’enquête parlementaire fait polémique

Les auditions initiales de la Commission d’enquête parlementaire chargée d’éclaircir le programme « Un étudiant, un ordinateur » ont révélé des imprécisions sur la chaîne administrative et déclenché une vive controverse sur la forme des travaux, notamment leur diffusion en direct.

Auditions : des responsables ministériels disent ignorer le programme

Quatre responsables et anciens responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) ont été entendus : Mountaga Dia (ancien coordonnateur de la Cellule de passation des marchés), Abdou Kadri Diatta (président de la Commission de passation des marchés), Cheikh Diop (Inspecteur des Affaires administratives et financières) et Saliou Abdoulaye Ngom (Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement).

Devant la commission, Mountaga Dia a assuré n’avoir ni saisi ni été impliqué dans le programme pendant sa mission, ne l’ayant découvert qu’au cours d’une réunion de programmation budgétaire avant d’y être associé en 2025. Abdou Kadri Diatta a dit que le dispositif n’apparaissait pas dans le plan de passation des marchés publics et ne relevait donc pas de sa commission. Cheikh Diop, nommé en 2026, a indiqué avoir découvert le dossier lors d’une mission d’enquête sur les allocations de 250 000 FCFA accordées aux étudiants, dont il a transmis le rapport au ministre. Enfin, Saliou Abdoulaye Ngom, en poste depuis septembre 2025, a déclaré n’avoir pris connaissance du programme qu’à l’occasion d’une réunion de programmation budgétaire et précisé que la DAGE n’intervient directement que sur le volet des allocations de 250 000 FCFA.

La retransmission publique des auditions divise

Au-delà des questions de fond sur le circuit administratif, c’est la procédure même des auditions qui suscite la polémique. La diffusion en direct des travaux — présentée comme inédite — a profondément divisé observateurs et acteurs.

L’ancien député Babacar Gaye, cité par Gfm, critique la maîtrise technique des questions par les députés et conteste la légalité de la démarche. Il invoque le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour rappeler que les commissions d’enquête doivent, en principe, se tenir à huis clos et que certains secrets sont protégés par la loi. À l’inverse, Senghane Senghor (Convergence africaine pour la démocratie et les droits humains) rappelle que le nouveau Règlement intérieur adopté en 2025 prévoit la possibilité de retransmettre les débats d’une commission d’enquête, sous conditions et sur décision du bureau, tout en estimant que la procédure soulève des interrogations et que certaines règles semblent avoir été négligées.

Enjeux

Ces premières auditions mettent en lumière deux enjeux principaux : la clarification du circuit administratif autour du programme et le respect des procédures parlementaires et légales concernant la conduite et la diffusion des enquêtes. La commission doit désormais poursuivre ses travaux pour établir responsabilités et usage des fonds publics, tandis que la controverse sur la forme pourrait alimenter un débat plus large sur la transparence et les limites de l’investigation parlementaire.

Source initiale : seneweb.com

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