Comment une erreur et des alliances ont entraîné la Première Guerre mondiale et redessiné le Moyen‑Orient
En juin 1914, l’archiduc François‑Ferdinand d’Autriche et son épouse furent assassinés à Sarajevo. L’attaque eut lieu après qu’une erreur d’itinéraire fit immobiliser la voiture du cortège à proximité de l’un des conspirateurs, Gavrilo Princip. Cet assassinat, survenu le 28 juillet 1914 comme élément déclencheur, précipita l’Empire austro‑hongrois et la Serbie dans un affrontement qui entraîna rapidement les grandes puissances européennes dans une guerre généralisée.
De l’attentat aux alliances : une guerre rendue inévitable
Si l’assassinat déclencha la crise, de nombreux historiens estiment qu’il ne fut pas la cause profonde du conflit : des rivalités politiques, militaires et diplomatiques entre États majeurs avaient déjà poussé l’Europe vers la guerre. Deux blocs se formèrent : les Alliés (notamment Russie, France, Grande‑Bretagne) et les Empires centraux (Allemagne et Autriche‑Hongrie). Au fil du conflit, des pays comme les États‑Unis et l’Italie rejoignirent les Alliés, tandis que l’Empire ottoman s’aligna sur les Empires centraux.
L’Empire ottoman, le djihad et la propagande allemande
En août 1914, l’Empire ottoman autorisa l’entrée de deux navires de guerre allemands dans ses eaux, provoquant l’ire de Londres et Paris. L’Empire ottoman déclara la guerre aux puissances alliées et mobilisa la religion pour légitimer son engagement : le sultan Mehmed V proclama le djihad, soutenu par des campagnes de propagande menées depuis l’Allemagne, qui espérait tirer parti de l’influence ottomane sur les populations musulmanes sous domination coloniale.
La révolte arabe et les promesses contradictoires
Parallèlement, des nationalistes arabes, déçus par la « turquisation » et la répression, nouèrent des contacts avec les Alliés. La correspondance entre le chérif Hussein de La Mecque et le haut‑commissaire britannique Henry McMahon laissa entrevoir la reconnaissance possible d’un État arabe indépendant en échange d’une révolte contre les Ottomans. La révolte éclata en juin 1916 dans le Hedjaz ; appuyée militairement par les Britanniques et incarnée en partie par Thomas Edward Lawrence, elle conduisit à des avancées militaires arabes, notamment la prise de Damas par Fayçal le 1er octobre 1918.
Ces engagements britanniques coexistèrent cependant avec des négociations secrètes entre Londres et Paris sur le partage des provinces ottomanes après la victoire ; ces discussions, conduites par Sir Mark Sykes et François‑Georges Picot, étaient incompatibles avec les promesses faites au chérif Hussein. La combinaison de ces manœuvres militaires, diplomatiques et coloniales a largement contribué à l’effondrement d’empires, aux pertes humaines immenses (environ 20 millions de morts) et à l’émergence de nouveaux États au Moyen‑Orient.
Source initiale : BBC



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