Mauritanie : immersion dans l’un des pays les plus désertiques et méconnus
Peu fréquentée par les touristes, la Mauritanie déploie un contraste saisissant : dunes infinies, oasis verdoyantes, villes historiques en terre rouge et une côte atlantique foisonnante de vie marine. Voici l’essentiel à connaître pour comprendre ce pays saharien.
Un pays méconnu au cœur du Sahara
La Mauritanie est majoritairement située dans le Sahara — près de 90 % de son territoire — et compte environ cinq millions d’habitants, dont un tiers à Nouakchott. Faute d’infrastructures touristiques et en raison de risques aux frontières voisines, le pays reçoit moins de 10 000 touristes internationaux par an. Malgré cette faible fréquentation, les indicateurs sécuritaires nationaux montrent l’absence d’attentat depuis 2011, et l’auteur du reportage a décrit un voyage solo de trois semaines sans sensation de danger.
Villes caravanières et trésors manuscrits
Au fil des routes vers l’est, l’ancienne logique des caravanes transsahariennes demeure visible. Oualata et Chinguetti, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, témoignent d’un riche passé commercial et intellectuel. Oualata est réputée pour son architecture en terre rouge ornée de peintures géométriques réalisées par les femmes du village, mais elle subit le dépeuplement des jeunes partis vers les villes. Les manuscrits anciens y sont souvent conservés par des familles qui les transmettent de génération en génération.
Chinguetti, fondée au VIIIe siècle et devenue au XIIIe siècle un centre d’études islamiques, abrite des bibliothèques de textes en astronomie, médecine, droit et poésie. La ville souffre toutefois de l’avancée des dunes et voit certaines maisons partiellement ensevelies. Son minaret, l’un des plus anciens encore utilisés dans le monde musulman, rappelle l’importance historique du lieu.
Une côte exceptionnellement productive
À l’ouest, la côte mauritanienne profite du courant des Canaries : des remontées d’eaux profondes enrichissent les zones littorales et favorisent d’immenses concentrations de poissons. Nouadhibou, grand port de pêche, voit affluer des milliers de pirogues et de petites embarcations — une activité si dense qu’elle se remarque depuis l’espace.
Modes de vie, mobilités et défis
La vie quotidienne mêle modernité et traditions : Nouakchott présente des bâtiments modernes mais aussi des quartiers sablonneux, tandis que dans l’intérieur le dromadaire reste central (la Mauritanie compterait environ deux millions de chameaux). La Route de l’Espoir, construite à partir des années 1970, a relié des régions isolées jusqu’à Néma, porte d’accès vers Oualata, mais les trajets restent longs et parfois rudes.
Face à l’isolement et au manque d’opportunités locales, de nombreux jeunes quittent les cités historiques, menaçant la préservation des maisons et des savoirs traditionnels. Les oasis, quant à elles, offrent des poches de verdure et de repos au milieu des étendues ocre du désert.
Source initiale : BBC



Laisser un commentaire