Fuite de documents : la Russie derrière la rumeur des « pénis volés » en Centrafrique, selon une enquête
Une analyse de documents confidentiels révèle que la campagne ayant diffusé en octobre 2024 la rumeur d’un trafic d’« organes génitaux volés » en Centrafrique a été orchestrée par une structure russe, selon une enquête menée par un consortium de médias coordonné par Forbidden Stories et relayée par France 24.
Une opération montée par « La Compagnie »
Les documents imputent l’opération à Africa Politology, une structure créée par le groupe paramilitaire Wagner et reprise en 2023 par des services secrets russes, internement appelée « La Compagnie ». Entre juin et novembre 2024, 644 articles « clés en main » auraient été diffusés sur des sites en Afrique de l’Ouest et centrale. Les tableaux de comptes consultés par les journalistes mentionnent notamment le versement de 500 dollars lié à la parution de l’article incriminé sur Bamada.net.
Chronologie et diffusion
La campagne a commencé le 22 octobre 2024 avec un article paru dans Actu Cameroun évoquant la rumeur des « vols de sexe » en Centrafrique. Le 28 octobre, des articles très similaires sont parus dans plusieurs médias – dont The Nation (Nigeria) et surtout Bamada.net (Mali) – ce dernier ayant publié un texte accusant la France et suggérant l’utilisation de « nanotechnologies » pour voler des attributs masculins. Ce contenu, désormais supprimé, a suscité une large diffusion sur Facebook via des pages anti‑françaises et pro‑russes.
Contre‑feux et relais locaux
Après la parution d’enquêtes françaises, « La Compagnie » aurait lancé plusieurs articles destinés à minimiser ou à renvoyer la responsabilité vers la France. Certains médias impliqués ont ensuite supprimé les contenus ou publié des rectificatifs. Les responsables de certains sites consultés affirment ne pas avoir reçu d’argent et évoquent la pratique du « PAD » (prêt à diffuser) : l’envoi d’articles polarisants qu’il est facile de republier.
Les documents analysés par le consortium confirment la capacité de cette opération à exploiter des réseaux médiatiques locaux et des pratiques de publication faciles à manipuler pour propager une campagne de désinformation visant à discréditer la France en Afrique.
Source initiale : France 24




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