Effondrement d’un pont à Hombo : révélateur des tensions entre richesse minière et infrastructures à Walikale
Le 3 juin 2026, un pont en planches s’est effondré au village de Hombo, dans le territoire de Walikale (Nord‑Kivu). Selon deux sources locales, aucun décès n’a été signalé, mais l’accident a souligné la fragilité des infrastructures dans une zone pourtant proche de la mine industrielle de Bisie.
Un passage vital désormais dangereux
La rivière Luhoho sépare Hombo en deux secteurs et le pont permettait le passage des personnes et des marchandises entre Hombo Est et Hombo Nord. Après l’effondrement, la communauté a construit un passage de fortune, jugé dangereux par des riverains. Les habitants alertent sur des ruptures d’approvisionnement et demandent une réhabilitation rapide.
Une richesse minière qui ne se traduit pas en développement local
Le territoire de Walikale accueille la mine de Bisie, exploitée par Alphamin, qui représente une part significative de la production mondiale d’étain. Mais élus locaux, ONG et riverains dénoncent un décalage entre les recettes générées et l’état des routes et ponts. Des observateurs constatent que les projets issus des obligations légales des entreprises minières se concentrent autour de la mine, tandis que des villages distants — comme Hombo, à plus de 120 km à vol d’oiseau — restent peu desservis.
Dotations, cahiers des charges et limites de la redistribution
La loi congolaise exige des cahiers des charges et une dotation de 0,3% du chiffre d’affaires pour des projets locaux. Mais des évaluations pointent des problèmes de gouvernance : frais de fonctionnement du comité de supervision, gestion depuis Kinshasa, lenteurs administratives et malversations signalées. Alphamin confirme les mécanismes et dit consacrer environ 1 million de dollars par an à des projets via une structure à but non lucratif, Alliance Lowa, tout en reconnaissant que cela ne suffit pas à couvrir tous les besoins d’infrastructures du territoire.
Depuis 2020, l’entreprise affirme avoir versé l’équivalent de 13 millions d’euros à la province et près de 7,8 millions d’euros au secteur où se trouve Bisie. Des collectifs locaux demandent des enquêtes sur la gestion de ces fonds. Les autorités et l’entreprise indiquent chercher des solutions : le secteur tente de relancer la réhabilitation du pont et Alphamin affirme avoir dépêché une équipe technique sur place, mais l’enclavement et l’insécurité compliquent l’acheminement des matériels.
Source initiale : France 24




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