Mauritanie : un pays méconnu entre océan, oasis et cités caravanières
La Mauritanie reste l’un des États les moins visités et les moins denses au monde : près de 90 % de son territoire est occupé par le Sahara et moins de 10 000 touristes internationaux s’y rendent chaque année. Pourtant, le pays recèle des contrastes marqués — d’un littoral halieutique remarquable à des cités caravanières millénaires et des oasis au cœur du désert.
Une côte riche en ressources et des villes portuaires
La côte atlantique, notamment autour de Nouadhibou, profite du courant des Canaries qui remonte des eaux profondes et favorise d’importantes concentrations de poissons (sardinelles, maquereaux, poulpes). Le trafic de pirogues de pêche est si dense qu’il apparaît depuis l’espace. Nouakchott, la capitale, regroupe environ un tiers des cinq millions d’habitants du pays et mêle quartiers modernes et rues sablonneuses.
Villes caravanières, manuscrits et patrimoine
À l’intérieur des terres, la Route de l’Espoir relie Nouakchott aux régions de l’est et permet d’accéder à des sites comme Néma, porte d’entrée vers Oualata. Oualata et Chinguetti font partie des cités mauritaniennes classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Oualata est connue pour son architecture en terre rouge et ses peintures géométriques ; Chinguetti, fondée au VIIIe siècle, fut un centre d’études islamiques et abrite encore des bibliothèques conservant des manuscrits anciens.
Ces manuscrits ont souvent été préservés par des familles locales plutôt que par des institutions officielles. En 2000, l’Agence espagnole de coopération (AECID) a lancé un projet de restauration des bibliothèques traditionnelles du ksar de Chinguetti pour protéger ces textes fragiles.
Déserts, oasis et modes de vie traditionnels
Le désert domine la vie quotidienne : la Mauritanie compterait environ deux millions de chameaux, utilisés pour le transport, la production de lait et de viande, et même par l’armée pour des patrouilles en zones reculées. Le marché aux dromadaires de Beila est l’un des plus importants d’Afrique. Les oasis offrent des poches de verdure et des palmeraies, parfois nichées dans des canyons, qui ponctuent l’immensité ocre du pays.
Malgré la réputation d’insécurité de certaines frontières régionales, le pays n’a pas connu d’attentat terroriste depuis 2011 et, selon l’Indice mondial du terrorisme cité dans le reportage, est moins touché que de nombreux pays européens. Le faible flux touristique et le déclin démographique de certaines villes historiques posent toutefois des défis économiques et de conservation du patrimoine.
Source initiale : BBC




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