RDC : Tshisekedi lève « l’option » d’un dialogue national mais les contours restent flous
Le 17 juillet à Kinshasa, Félix Tshisekedi a reçu pendant deux heures les représentants des principales confessions religieuses. Le cardinal Fridolin Ambongo a annoncé que le chef de l’État avait « levé l’option » d’organiser un dialogue national « inclusif » entre « fils et filles du Congo ». Le gouvernement a salué l’annonce comme un moment « historique », mais de nombreux détails restent à définir.
Le principe confirmé, l’ordonnance attendue
Le président a annoncé son intention d’organiser le dialogue en sa qualité de garant de la nation (article 69 de la Constitution). Une ordonnance présidentielle doit encore fixer les termes de référence, la méthodologie, la date, le lieu et la liste des participants. Le gouvernement précise que ce dialogue ne remplace ni ne suspend les processus diplomatiques en cours, notamment ceux de Washington (RDC–Rwanda) et de Doha (AFC/M23).
Rôle des confessions religieuses et enjeux de l’inclusivité
Les Églises et autres confessions sont chargées d’un rôle d’accompagnement et de consultation, poursuivant des discussions déjà engagées. Le mot « inclusif » reste toutefois disputé : pour le gouvernement, il signifie la présence de Congolais capables de condamner « sans ambiguïté » ce qu’il qualifie d’« agression rwandaise », formulation qui pourrait exclure certains acteurs ; pour l’opposition, l’inclusivité passe par des garanties politiques préalables (libération des prisonniers politiques, arrêt des poursuites à caractère politique, renoncement officiel à la révision constitutionnelle).
Obstacles et points d’incertitude
Plusieurs défis pèsent sur l’initiative : l’absence de convergence sur la définition de l’inclusivité entre pouvoir et opposition, la multiplicité de cadres parallèles (médiassions internationales et régionales), l’historique de dialogues antérieurs qui n’ont pas empêché la résurgence de groupes armés, et un déficit de confiance entre certains acteurs et les Églises. Des éléments pratiques ont été évoqués en off — par exemple des réserves sur la participation de personnes condamnées à mort ou l’idée de mesures de « décrispation » — mais ces points ne sont pas formellement arrêtés.
La prochaine étape concrète est la publication de l’ordonnance présidentielle, qui seule précisera calendrier, méthode et participants. D’ici là, les chefs religieux poursuivent leurs consultations, tandis que l’opposition maintient des conditions préalables et des actions publiques, dont une manifestation annoncée pour le 22 juillet.
Source initiale : RFI




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