Au Kenya, Teleperformance visée par une mise en demeure pour conditions de travail
La filiale kényane du groupe français Teleperformance, leader mondial des centres d’appel et services digitaux, fait l’objet d’une mise en demeure déposée par le syndicat français CGT et deux organisations de la société civile au Kenya. Les plaignants reprochent à la société des manquements aux droits fondamentaux des « travailleurs digitaux », en particulier des modérateurs de contenu et des employés travaillant pour l’intelligence artificielle.
Des méthodes de recrutement contestées
Selon Oversight Lab, association kényane spécialisée dans la défense des travailleurs du numérique, Teleperformance Kenya recruterait des personnes étrangères en leur faisant passer le statut de stagiaires ou de participants à une formation, alors qu’elles viennent réellement travailler. Maître Mercy Mutemi affirme disposer d’e-mails et de preuves montrant que des consignes sont données aux employés pour mentir aux services de l’immigration. Ces pratiques placeraient des recrues dans des situations irrégulières et précaires, les empêchant de se plaindre par crainte de représailles.
Des modérateurs exposés à des risques psychologiques
Les associations s’inquiètent aussi des conditions de travail des modérateurs de contenu, exposés à des images traumatisantes pendant des journées de plus de huit heures. Anthony Kimani, de l’association Data Labelers, pointe des contraintes de productivité élevées, une surveillance renforcée et des pratiques antisyndicales. Il souligne l’absence de soutien psychosocial pour prévenir des troubles comme le stress post-traumatique et l’anxiété.
Vers une action judiciaire en France ?
Plusieurs contentieux similaires existent déjà au Kenya, notamment contre des acteurs liés à Meta. Les plaignants indiquent qu’il s’agit de la première mise en cause en Europe ciblant une société du secteur des données pour les pratiques de sa filiale kényane. Ils menacent d’engager une action en justice en France si une médiation n’est pas ouverte dans un délai de trois mois. Teleperformance n’a pas répondu aux sollicitations de la presse.
Source initiale : RFI




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