Burkina Faso : des opposants en exil publient un trombinoscope de 86 enlèvements imputés à la junte
Le 30 septembre, date marquant le quatrième anniversaire du putsch de 2022, un groupe d’opposants burkinabè en exil a rendu public un recensement visuel et nominatif des personnes enlevées depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré.
Un trombinoscope pour donner visage aux disparus
Sous le titre « Les disparus d’Ibrahim Traoré », le Front anti-putchistes (Frap) a publié sur les réseaux sociaux une liste documentée comprenant 86 cas d’enlèvements et de séquestrations arbitraires. Le trombinoscope rassemble noms et photos d’hommes et de femmes arrêtés sans motif officiel, certains retenus une journée, d’autres pendant plus de deux ans.
Profils variés et répression généralisée, selon les auteurs
Le recensement met en avant la diversité des victimes : journalistes, responsables politiques, syndicalistes, militaires mais aussi proches d’opposants. Un des auteurs de la liste, qui a souhaité garder l’anonymat, estime qu’il s’agit d’une « répression généralisée » et affirme que des commentaires sur les réseaux sociaux ont parfois suffi à provoquer des arrestations.
Un premier bilan qui pourrait s’élargir
Le Frap précise que ces 86 cas constituent un premier recensement et évoque une liste plus large d’au moins 200 noms. Le dossier cite également des cas emblématiques : le cyber‑activiste Oumar Coulibaly, exilé depuis 2023, indique que son père, Pingué, militaire à la retraite âgé de 63 ans, a été enlevé en septembre 2024 et demeure porté disparu « pendant plus de deux ans ».
Source initiale : RFI




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