Ceuta : des milliers de migrants laissés à la rue, relations tendues avec Rabat
Près de deux mois après la migration massive des 30 et 31 juillet, lorsque plus de 70 000 personnes ont franchi la frontière depuis le Maroc, la situation à Ceuta reste critique. Plusieurs milliers de migrants sont toujours à la rue et les tensions entre autorités, population locale et groupes politiques espagnols s’exacerbent.
Une situation humanitaire précaire
La majorité des personnes entrées fin juillet sont rapidement retournées au Maroc, mais « plusieurs milliers » ont continué à vivre à Ceuta. Selon les correspondants sur place, près de 8 000 personnes sont encore sans prise en charge, installées sous des tentes de fortune à l’entrée de la zone industrielle de Tarajal. Manque d’accès à l’eau, aux sanitaires, absence d’aide alimentaire régulière et promiscuité : les conditions de vie décrites sont indignes, touchant hommes, mais aussi des femmes et quelques familles avec de jeunes enfants.
Tensions politiques et signalements de violences
La crise a ravivé les tensions politiques en Espagne. Le Parti populaire et Vox réclament l’expulsion de l’ensemble des personnes en situation irrégulière arrivées lors de la vague migratoire et appellent Madrid à exercer des pressions sur Rabat. Des appels à de nouvelles traversées circulent par ailleurs sur les réseaux sociaux, certains invitant à tenter le passage à l’occasion des élections législatives.
Plusieurs témoignages font état d’agressions par des policiers ou militaires espagnols. Des migrants affirment avoir été frappés et laissés au sol, tandis que les demandes d’asile déposées doivent attendre des semaines avant d’être examinées, pointant la lenteur des procédures administratives face à l’urgence humanitaire. Parallèlement, des manifestations de la population locale, notamment une marche d’environ 400 personnes le 20 septembre, témoignent d’une crispation autour de la souveraineté et de la normalisation de la vie dans l’enclave.
Source initiale : RFI




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