À Bandar Abbas, la vie reprend autour d’un détroit stratégique encore sous tension
La BBC s’est rendue à Bandar Abbas, port iranien dominant le détroit d’Ormuz, et décrit une reprise graduelle de la vie quotidienne : marchés rouverts, pêcheurs de retour, mais des bâtiments en ruines et des navires saisis témoignent des semaines de combats qui ont transformé cette voie maritime vitale en zone de confrontation.
Des navires saisis et des cargos en attente
Au large, la BBC a repéré deux porte‑conteneurs saisis en avril par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) — le MSC Francesca et l’Epaminondas, battant pavillons panaméen et libérien — qui n’avaient pas été libérés malgré le cessez‑le‑feu. Des dizaines d’autres cargos attendent l’autorisation des autorités iraniennes pour franchir le détroit, redevenu partiellement praticable après un accord de cessez‑le‑feu entre Téhéran et Washington.
Une ville entre reprise et cicatrices de guerre
À Bandar Abbas, les commerces et le marché historique ont rouvert et les familles regagnent leurs foyers. Mais des traces visibles de l’offensive demeurent : un immeuble résidentiel touché le 26 mars par une frappe israélienne est réduit en grande partie en ruines. Les autorités iraniennes et des agences locales font état de victimes civiles et militaires dans la province d’Hormuzgan, où selon le Croissant‑Rouge 261 personnes ont été tuées.
Enjeux stratégiques et impacts humains
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz, reste un levier stratégique pour l’Iran. Selon l’observatoire ACLED, au moins 96 frappes américaines distinctes ont touché Bandar Abbas et ses environs entre le 28 février et le cessez‑le‑feu du 8 avril, visant en grande partie des infrastructures militaires proches de zones résidentielles. Ces opérations ont affecté l’économie locale : pêche interrompue, emplois perdus et familles désormais dépendantes des revenus de marchés et étals.
Les habitants rencontrés par la BBC expriment à la fois peur, fatigue et solidarité. Le maire de la ville affirme que les objectifs militaires visant à affaiblir l’Iran n’ont pas été atteints et avertit qu’une reprise des hostilités entraînerait à nouveau la fermeture du détroit.
Source initiale : BBC



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