En Éthiopie, la désinformation sur les réseaux brouille la réalité du conflit au Tigré
Avec la reprise des combats dans la région du Tigré, l’information est devenue un nouveau champ de bataille en Éthiopie. Sur TikTok, Telegram ou Facebook, des vidéos et images hors contexte, parfois anciennes ou produites avec l’aide de l’intelligence artificielle, se propagent et contribuent à polariser l’opinion.
Images anciennes et montages: des tactiques répandues
Des vidéos présentées comme récentes ont été identifiées comme datant d’épisodes antérieurs et sans lien avec la situation actuelle. MultiFact Check, organisation indépendante, a notamment vérifié qu’une séquence montrée comme un barrage routier était en réalité une vidéo ancienne qui ne confirme ni l’existence de blocages ni l’implication de groupes précis comme les Fano dans la région Amhara. Ces usages détournés d’images servent à alimenter la propagande et à brouiller la compréhension du conflit.
La vérification comme rempart
Face à la prolifération des contenus trompeurs, des acteurs locaux multiplient les initiatives de fact-checking et de formation. Omni Ethipia, par exemple, enseigne aux étudiants en journalisme des méthodes pour authentifier des images et détecter les manipulations sur les réseaux sociaux. L’objectif affiché est de doter les futures générations de compétences permettant de distinguer les publications fiables des contenus mensongers.
Un enjeu majeur pour l’information publique
Depuis la reprise des affrontements le 1er août, MultiFact Check a recensé plus de 800 publications problématiques supprimées par la suite. Dans un contexte où l’accès au terrain reste limité pour les reporters, la vérification des faits apparaît essentielle pour permettre à la population d’accéder à des informations fiables sur un conflit dont les conséquences restent lourdes pour le pays.
Source initiale : France 24




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