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Faux trafic d’organes en Centrafrique : des documents lient la désinformation à une structure russe

08/02/2026 Par 0 commentaire

Une enquête fondée sur une fuite de documents confidentiels montre qu’une vaste opération de désinformation menée en 2024 a visé à propager en Afrique de l’Ouest et centrale la rumeur d’un trafic d’organes génitaux attribué à la France.

Une rumeur virale instrumentalisée

Le 28 octobre 2024, le site malien Bamada.net publiait un article affirmant des « disparitions inexpliquées » de parties intimes en Centrafrique et insinuant l’implication de la France. L’information, désormais supprimée, reprenait une vieille légende urbaine – les « vols de sexe » – et a été relayée par plusieurs pages Facebook aux discours pro-russes et anti-français.

La « Compagnie » et les preuves financières

Les documents fuités, analysés dans le cadre d’un consortium coordonné par Forbidden Stories, identifient Africa Politology — créée par le groupe paramilitaire Wagner et reprise par les services russes depuis 2023 — comme l’organisateur de la campagne. Selon ces tableaux comptables, 644 articles ont été diffusés entre juin et novembre 2024 sur des sites d’Afrique de l’Ouest et centrale. L’URL de l’article de Bamada.net y apparaît, avec un paiement mentionné de 500 dollars.

Une stratégie en deux temps : diffusion et contre-feux

La campagne a commencé par des articles publiés en anglais et en français dans plusieurs médias locaux, puis a multiplié les publications visant soit à diffuser la fausse information, soit à nier une origine russe après la parution de vérifications en France. Au moins huit articles, dans six médias, ont alimenté la rumeur ou tenté de la blanchir en rejetant sur la France la responsabilité de l’intox.

Un écosystème propice

Plusieurs éditeurs locaux contactés expliquent avoir publié des contenus fournis par des tiers sans vérification poussée. Le propriétaire de Bamada.net a affirmé n’avoir reçu aucun paiement et décrit un mode de diffusion consistant à envoyer des textes polarisants à de nombreux sites d’information, qui peuvent les publier facilement. Des spécialistes cités par la rédaction soulignent que ces pratiques exploitent des réseaux de médias « prêts à diffuser » et la vulnérabilité informationnelle dans la région.

Source initiale : France 24

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